Politique

Assemblée Nationale: La discorde

L’Assemblée nationale va élire son bureau définitif mardi 23 du mois courant. Mais avant d’arriver à ce scrutin, les députés de la majorité et ceux de l’opposition se divisent sur la question de partage des postes pour le bureau à venir. Les négociations entre les délégués de ces deux familles parlementaires en commission comme en plénière ont échoué. Les travaux de cette chambre mercredi dernier ont abouti à ce constat d’échec et les élus de l’opposition ont finalement claqué la porte de l’hémicycle devant la non-conciliation des vues.

Mercredi dernier, les députés de la majorité et ceux de l’opposition qui se sont succédés à la tribune de l’Assemblée nationale, ne se sont pas privés de faire un savant mélange entre d’une part les lois et de l’autre, les opérations arithmétiques. La chambre basse doit se choisir un bureau définitif qui conduira les débats les cinq années à venir. L’assemblée nationale qui en principe compte 500 sièges, doit être dirigée par un bureau de 7 membres, lesquels doivent être représentatifs des forces en présence dans cet hémicycle. Dès lors, comment procéder à la répartition ? Pour trouver réponse à cette question, c’est là qu’intervient le fameux calcul de proportion qui divise les élus.

A ce jour, la majorité compte 382 sièges et l’opposition en compte 103. Mais l’opposition estime que le bureau provisoire doit d’abord valider les pouvoirs des 15 élus de Beni-Ville, Beni-territoire, Butembo et Yumbi, parce qu’avec les députés de ces circonscriptions, l’opposition va totaliser 113 élus et aura donc droit à deux sièges, disent les élus de l’opposition. La majorité quant à elle (387 élus) soutient qu’il faudra gagner du temps et aller au plus vite à l’élection des membres du bureau, parce que le retard dans ce scrutin retarde aussi la nomination du premier ministre et son gouvernement, lesquels ne peuvent être investis que par les élus et leur bureau définitif.
Pour les membres de l’opposition, « rien ne peut justifier la mise à l’écart », l’exclusion des élus du 31 mars dernier. « Ils n’ont pas voté le président de la république, ils doivent au moins voter le bureau de leur Assemblée », argue l’opposition. Les membres de l’opposition espèrent qu’avec 113 élus, ils pourront espérer 2 postes au bureau. Mais à cet arguent, la majorité rétorque que même avec ce total, l’opposition ne pourra avoir qu’un seul siège, celui de rapporteur adjoint.

Ce débat et la suite de celui débuté à la plénière de lundi dernier, et qui s’est ensuite poursuivi en une commission spéciale composée des délégués des élus de la majorité et de l’opposition. La mission de la commission spéciale était de concilier les points de vue des uns et des autres pour aboutir à un consensus. Mais à la place d’un consensus, les deux parties ont signé un document de non conciliation. Une discorde qui s’est poursuivie à la plénière mercredi dernier où l’opposition n’arrêtait pas de quémander presque « ses » deux postes devant une majorité qui s’arcboutait sur le critère numérique pour se tailler la part du lion dans le partage des postes. Pour avoir gain de cause, les opposants n’ont pas lésiné sur les supplications. A l’image de Jacques Djoli. L’élu de Boende qui dit lui-même avoir « supplié ses frères de la majorité de laisser deux postes à l’opposition », a fustigé le fait que la majorité n’a pas eu « pitié de la minorité ».

Devant ce manque de conciliation, l’opposition a décidé de claquer la porte de l’hémicycle en dénonçant l’attitude des députés de la majorité « qui n’est pas dans l’esprit de la constitution, de la loi portant statut de l’opposition et du règlement intérieur de l’Assemblée nationale de doter l’Assemblée d’une opposition témoin ou d’une opposition faire-valoir ». « Nous refusons de jouer ce rôle-là », a assené Christophe Lutundula. L’opposition considère alors être exclue. Il faut donc assumer ajoute Lutundula qui précise que les membres de l’opposition ne vont participer au bureau, ni aux commissions permanentes durant toute la législature.
Il faut espérer néanmoins, comme l’a dit un élu de la majorité, que coup de fil passe nuitamment entre les deux familles parlementaires pour faire revenir les opposants dans le jeu.

Patrick Ilunga

 

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