Economie

AVEC LA CATHODE HIGH-GRADE : La GECAMINES s’aligne sur les standards internationaux

 

La Générale des Carrières et des Mines (Gécamines S.A., Société d’Etat) a annoncé avoir augmenté de plus de la moitié sa production de cathodes de cuivre depuis le début de l’année et avoir amélioré leur qualité. « La production du cuivre cathodique est si particulière pour notre société. La dernière fois, c’était à Luilu en 1989. Nous pouvons donc dire trente (30) ans après que la Gécamines est redevenue un producteur de cuivre en s’alignant aux standards internationaux », a déclaré d’entrée de jeu le Directeur Général ai de la Gécamines au cours d’un face à face avec les chevaliers de la plume et du micro, tenu le jeudi 04 avril dernier à Likasi, dans la province du Haut-Katanga. Et à Jacques Kamenga d’ajouter : « Cet aboutissement, qui est le prélude d’un certain nombre d’autres, est le fruit de la décision stratégique du Conseil d’Administration de refaire de la Gécamines une entreprise minière de premier rang ».

En effet, cette stratégie se décline autour de trois axes simples : (1) Redévelopper un outil minier en propre répondant aux meilleurs standards ; (2) Rééquilibrer ses partenariats ; et enfin, (3) Reconstruire une organisation adaptée à la concurrence internationale.

En matière de redéveloppement d’un outil industriel en propre, le staff dirigeant de la Gécamines a dû prendre des décisions très difficiles. Certaines installations ont été purement et simplement fermées, comme les concentrateurs de Kambove (KVC) et de Kolwezi (KZC) et les Usines métallurgiques de Kolwezi (UCK) dont le coût de production était de loin supérieur au prix du marché, alors que d’autres ont nécessité des gros investissements pour leur modernisation, à l’image de la salle d’électrolyse des Usines métallurgiques de Shituru.

« Des investissements de plus de 100 millions de dollars américains dans l’installation d’un concentrateur, d’une usine de concassage, d’une unité d’extraction, d’une nouvelle salle d’électrolyse et la modernisation de trois usines ont permis de produire des cathodes de cuivre High-Grade (d’une teneur) de 99,99% (utilisés pour la fabrication des conducteurs électriques), au-delà du seuil minimum de 99,90% », précise Jacques Kamenga, DG par intérim de la Gécamines.

Cette modernisation de l’outil de production a permis aussi à la Gécamines « de produire en propre à nouveau 40.000 tonnes de cuivre » depuis le début de l’année. « Une production de loin supérieur au pic de 25.000 tonnes atteint ces vingt (20) dernières années, jamais deux années de suite », a indiqué Jacques Kamenga.

Une décote d’environ 500 dollars par tonne était systématiquement appliquée sur les exportations de la Gécamines à cause de la faible teneur en cuivre de la production mise sur le marché. « Les cathodes produites par les usines de Shituru (Likasi, sud-est de la République Démocratique du Congo) de la Gécamines ne sont plus l’objet de la décote de qualité qui privait la Gécamines d’une partie de ses revenus, au motif des impuretés contenues dans le cuivre produit », s’est félicité le DG ai Kamenga.

La production totale de cuivre en RDC, premier producteur d’Afrique, a atteint le niveau record d’1,2 million de tonnes en 2018, selon les statistiques de la Chambre des Mines de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC). Les autorités de la RDC ciblent une production d’1,5 million de tonnes de cuivre après la révision du code minier en 2018, contestée par les sept géants du secteur minier -Randgold Resources, Glencore, Ivanhoe Mines, Gold Mountain International et Zijin Mining Group, MMG Limited, Crystal River Global Ltd et China Molybdenum Co, Ltd (CMOC), et AngloGold Ashanti- qui ont claqué la porte de la FEC, estimant que cette organisation n’a pas suffisamment défendu leurs intérêts durant la période de révision du Code minier de 2002. La FEC avait déploré à l’époque, pour sa part, l’attitude « égoïste » des opérateurs internationaux qui ne tiennent pas compte des intérêts du pays.

Pour rappel, la Gécamines s’est engagée, depuis décembre 2017, dans un profond processus de transformation structurelle, en engageant la modernisation de ses structures de gestion et de production, pour gagner en efficacité opérationnelle et efficience économique, et faire face à la concurrence internationale.
Les effets de ce processus de transformation, qui est axé sur l’autonomisation des unités de production, dont la Business Unit de Shituru que les professionnels des médias ont visité du 3 au 5 avril derniers, la responsabilisation de tous les acteurs et la simplification des processus de décision afin de faire de la Gécamines une entreprise plus réactive et mieux adaptée à son environnement, seront pleinement perceptibles à tous les niveaux de l’entreprise à la fin de l’année 2019.

Comme on peut s’en apercevoir dans ces images d’illustrations, les premiers signes palpables du redressement de l’ex fleuron de l’économie rd-congolaise sont déjà visibles avec le rajeunissement de son management. Le nouveau Directeur des Projets, Gaëtan Luabeya et le nouveau Directeur de la Géologie, Ludovic Monga, tous les deux la trentaine révolue, tout comme le nouveau Directeur de la Business Unit de Shituru, Désiré Mbay Mukoj qui vient à peine de dépasser les 40 ans et qui nous ont guidé lors de cette visite dans les installations de la Gécamines en sont une illustration éloquente. « Rassurez-vous, ils ne sont pas les seuls et le mouvement va se poursuivre », rassure le DG Jacques Kamenga.

Mais force est de constater que la transformation structurelle ainsi engagée rencontre ici et là des critiques et est l’objet de stigmatisation par une frange des nostalgiques. « Ne vous laissez pas abuser par les discours passéistes ou mélancoliques. Si l’on veut reconstruire un champion national, cela ne pourra se faire qu’en acceptant d’oublier l’ancienne Gécamines, celle qui dans les faits n’existe plus depuis près de vingt (20) années depuis la libéralisation du secteur minier et la cession de la quasi-totalité de nos titres miniers à des joint-ventures, et en accompagnant les efforts entrepris pour créer une nouvelle Gécamines, enfin en phase avec son nouvel environnement », a-t-il martelé.

« La manifestation de ce jour, avec cette production du cuivre cathodique, est un signal fort que nous sommes sur la bonne voie du redressement. C’est pourquoi, nous vous donnons dès aujourd’hui rendez-vous dans quelques mois pour commenter les progrès que nous aurons faits en matière d’organisation et de gestion et dont les effets se traduiront dans notre production ». C’est par ces propos que le Directeur Général ai de la Gécamines, très fier d’avoir accompli un pas de géant vers la voie du redressement, mettra un terme à sa communication.

Dieudonné Buanali

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