Economie

Baisse des cours du cobalt : Une équation difficile pour la RDC

Il est une chose que le monde économique et celui des métaux ne peuvent prétendre contrôler : les cours des évènements surtout en matière des prix. Il y a encore quelques mois, les prix des métaux, surtout celui du cobalt, nourrissaient tous les fantasmes et les rêves de grandeur de la RDC. Premier producteur du cobalt, le pays a surfé sur la forte demande de ce minerai, indispensable pour les technologies de communication et l’industrie automobile, notamment. Mais depuis quelques mois, on assiste à une chute vertigineuse des cours du cobalt sur les marchés mondiaux. Ce qui oblige la RDC à revoir ses ambitions à la baisse, même si on ne peut pas écarter une autre montée en flèche.

Après plus d’une année de grande flambée des cours de cobalt, le prix de ce minerai a commencé à dégringoler et le rythme de la chute est inquiétant, surtout pour la République Démocratique du Congo, elle qui a fait de ce minerai, un métal stratégique. C’est en 2016 que le prix du cobalt a pris l’envol, allant de 20 000 dollars la tonne, jusqu’à presque 100 000 dollars. A présent, la tonne du cobalt se négocie autour de 30 000 dollars sur les marchés des métaux (London Metal Exchange). Principal élément dans la fabrication des batteries électriques pour l’industrie automobile et l’industrie de la téléphonie cellulaire, le cobalt a connu une explosion dans sa demande. Cette montée en flèche avait nourri des ambitions pour la République Démocratique du Congo. Premier producteur mondial du précieux métal, la RDC qui prévoit que les opérateurs miniers doivent payer des taxes, en cas de super profits, se doit de revoir ses ambitions à la baisse. Mais selon certains spécialistes, cette chute, quoique réelle, doit cependant être relativisée. « Les prix ont baissé par rapport à un point haut récemment atteint en 2017, mais ils restent supérieurs aux niveaux bas de 2016 », note un connaisseur du secteur minier. Les prix des métaux, notamment le cobalt, avaient pris l’ascenseur en raison de l’empressement des industriels à s’approvisionner le métal dans la perspective d’une crise politique profonde qui s’annonçait en RDC, laquelle crise qui faisait craindre une pénurie, estiment d’autres spécialistes. La crise tant redoutée n’étant pas venue, la demande s’est tassée et cela a fait baisser les prix des métaux dans l’ensemble.

Maintenant que la RDC en est encore à se demander comment ne plus envisager les super profits pour lesquels beaucoup de bruits ont été faits dans les médias, les industriels planchent aussi pour des solutions alternatives, pour ne pas être trop dépendants de ressources des sous-sols : d’un côté pour la téléphonie, l’on parle de plus en plus du recyclage du cobalt dans les batteries usées, pour l’industrie de l’automobile, les industriels envisagent de recourir aux batteries à hydrogène (dont les voitures circulent déjà en Europe) pour remplacer le carburant d’origine fossile.

Il est vrai que la chute n’est certainement pas éternelle et que les cours pourraient toujours reprendre l’envolée un jour ou l’autre, mais pour l’instant, les acheteurs (chinois surtout) seraient devenus un petit peu frileux.

Patrick Ilunga

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