Politique

Candidat 1er Vice-président du Sénat : Samy Badibanga compte sur la sagesse des sénateurs

Le Samedi 27 juillet prochain, le Sénateurs vont procéder à l’élection des membres du bureau définitif de cette chambre haute du parlement de la République Démocratique du Congo. C’est dans ce cadre que le bureau provisoire a procédé lundi 22 juillet, conformément à son calendrier, à la réception des candidatures à différents de scrutins. L’ancien Premier ministre Samy Badibanga et candidat à la présidentielle du 30 décembre dernier, s’est porté candidat pour la 1ère vice-présidence du Sénat. Il a déposé son dossier de candidature lundi 22 juillet dernier.

Le leader des “progressistes” aura comme adversaire Evariste Boshab, aligné par le Front commun pour le Congo (FCC), majorité au Sénat.

“J’ai suffisamment d’expérience pour pouvoir assumer ce poste et ensemble avec mes collègues du collège, nous allons porter haut le Sénat”, a déclaré le candidat.

Questionné sur ses chances de gagner dans un Sénat dominé par le FCC, l’ancien Premier ministre a dit qu’il compte sur la “sagesse des sénateurs”.
Badibanga est le Premier ministre qui a moins régné durant le règne de Joseph Kabila.

Nommé le 17 novembre 2016, sur base de l’accord de la cité de l’Union Africaine, il avait été débarqué le 18 mai 2017 par Kabila, avant la nomination de Bruno Tshibala comme Premier ministre. Les deux avaient été radiés de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), actuel parti présidentiel.

Né à Kinshasa en 1962, il est le sixième enfant d’une famille dont il porte le nom original de son père, Samuel Badibanga, un ancien notable et « évolué » du Grand Kasaï. À Kinshasa, sa famille a principalement vécu dans le quartier huppé de Binza Ma Campagne, dans la commune de Mont-Ngaliema. Un ami de jeunesse, Michel Gallet, le décrit comme un homme de culture, non conflictuel mais audacieux. Il fut un haut cadre de l’UDPS, son parti d’origine.

Badibanga est originaire de la chefferie de Bakwanga, dans le territoire de Katanda, près de la ville de Mbuji-Mayi dans le Kasaï-Oriental. Le Kasaï, un des principaux fiefs de l’UDPS, dont est également originaire son président, Étienne Tshisekedi, est aussi connu pour être le centre congolais du diamant. Ces deux caractéristiques vont impacter les carrières socioprofessionnelle et politique de l’ancien Premier ministre.

Au début des années 1980, Badibanga part poursuivre ses études supérieures à Anvers, où il obtient notamment un diplôme de l’école du Hoge Raad voor Diamant et de l’International Gemological Institute. Il débute sa carrière en 1986 en tant qu’administrateur délégué de la SOCODAM SPRL, puis devient en 1995 administrateur et directeur général de la SAMEX TRADING SPRL, partenaire en joint-venture de BHP-Billiton, premier groupe minier mondial

Consultant pour ce groupe, il est également directeur général de la société LUMI (Lubi Mining), créée à la suite d’un joint-venture entre BHP Billiton et la MIBA, société contrôlant l’essentiel de l’exploitation diamantaire en RDC. À ce poste, il promeut l’introduction de BHP Billiton dans des partenariats avec les entreprises publiques congolaises. Plus tard, il évoluera aussi comme consultant auprès du De Beers Group, le leader mondial du diamant. Est-ce donc la dépression actuelle dans ce secteur qui l’a incité à troquer son poste d’expert minier international pour le costume de Premier ministre ?

De l’expertise minière aux balbutiements politiques

À l’instar de la plupart des ressortissants Luba, Samy Badibanga milite à l’UDPS pour lutter contre le système Mobutu. Sa relation avec l’UDPS vient aussi de son amitié avec Félix Tshisekedi, l’actuel Président de la République et ancien Secrétaire général adjoint du parti en charge des relations extérieures. Les deux hommes se fréquentent à Bruxelles durant les années d’exil intermittent des fils Tshisekedi. Il devient membre sympathisant de l’UDPS en 1994 et membre d’honneur à la veille des élections de 2011. Vers la fin de 2009, il intègre l’inner circle politico-familial du parti et se rapproche d’Étienne Tshisekedi, alors en soin médical à Bruxelles. Dès cet instant, il joue un rôle stratégique dans la redynamisation des activités de l’UDPS et son ouverture vers le monde extérieur. Cette sorte de realpolitik opportuniste à la congolaise sera payante dans un parti où le militantisme de terrain prime sur tout.

Conseiller stratégique de Tshisekedi

La stratégie de Samy Badibanga au sein de l’UDPS consiste à y évoluer, non comme un adepte du parti, mais comme un partenaire. À ce titre, il joue un rôle majeur dans la campagne pour l’élection présidentielle du candidat Étienne Tshisekedi en novembre 2011.
Fort de ses connexions politico-économiques, Badibanga a tissé un large réseau de contacts en Europe et dans le monde. C’est grâce à son carnet d’adresses que Tshisekedi a accès aux médias internationaux ou aux sphères du pouvoir comme l’Élysée et le Quai d’Orsay. En 2011, il est aux côtés de Tshisekedi au Département d’État états-unien et aux Nations unies avec Ban Ki-moon. Il est nommé conseiller stratégique d’Étienne Tshisekedi après le premier congrès de l’UDPS, parti qu’il aide à sortir de l’isolement diplomatique. Ce titre lui permet de conduire la liste de l’UDPS aux législatives de 2011 au Mont-Amba, la circonscription électorale kinoise où se trouvent à la fois la résidence du sphinx de Limete et le siège de son parti. C’est à l’issue des négociations de la cité de l’Union africaine que Badibanga fut nommé premier ministre pour former un gouvernement d’union nationale.

Théodore Ngandu

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