Economie

Centrales hydroélectriques de Ruzizi III et IV : Une aubaine pour les pays de la CEPGL !

La mise en service de la centrale hydroélectrique de Ruzizi III ne permettra pas de couvrir pendant longtemps toute la demande actuelle desservie et non desservie. Selon les prévisions de la demande, réalisées par FICHTER en 1993 dans le cadre du mégaprojet électrique de Ruzizi, « il est impératif de mettre en service une nouvelle centrale hydroélectrique 5 ans après la mise en service de Ruzizi III ». Cette nouvelle centrale dont il est urgent de commencer tout de suite les études est celle de Ruzizi IV qui a fait l’objet d’une étude de préfaisabilité par le même consultant FICHTNER et dont le rapport final a été rendu public en mai 2010. Selon les dit rapport, Ruzizi IV est d’autant plus justifié que la perspective d’exploitation du gisement de nickel, du projet de mines et de hauts-fourneaux d’étain au Rwanda, d’une nouvelle usine de production pour le compte de la société aurifère BANRO opérant dans le Grand Kivu, au Sud-est de la RDC, de la construction programmée de nouveaux aéroports au Burundi et au Rwanda ainsi que du développement futur de nouveaux quartiers urbains au Burundi, à l’Est de la RDC et au Rwanda, exige une énergie de plus en plus croissante et non disponible. C’est la mission dévolue à l’Association sans but lucratif dénommée ‘’Electrification de la Région des Grands Lacs (EGL)’’, réunissant le Burundi, la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Mais en quoi consiste ladite mission ? En effet, la mission de l’EGL consiste à assurer la coopération entre les Etats membres de la Communauté Economique des Pays de la Région des Grands Lacs (CEPGL) dans le secteur de l’énergie selon les axes stratégiques suivants : La planification régionale du secteur de l’énergie et l’analyse des politiques énergétiques de chaque pays membre en vue de l’élaboration des politiques communes en matière d’exploitation des ressources énergétiques ; La conception et le suivi de la réalisation des projets communautaires dans le domaine de l’énergie ; La formation, l’information et la vulgarisation en vue du renforcement des capacités nationales dans la planification, la définition de politiques énergétiques et dans la gestion des projets.

Depuis la relance de ses activités en juillet 2007, le programme prioritaire de l’EGL porte sur les points suivants : Actualisation du Plan Directeur Régional de Développement de l’Energie ; Construction des centrales hydroélectriques de Ruzizi III et Ruzizi IV ; Réalisation des études techniques et organisationnelles de la coopération énergétique dans la région des grands lacs ; Renforcement de la Banque Communautaire des Données Energétiques ; Electrification décentralisée par microcentrales hydroélectriques, énergie solaire, énergie éolienne, énergie géothermique, etc ; Diagnostic du secteur de l’énergie dans les trois pays de la CEPGL ; Promotion des projets sur les énergies renouvelables ; Identification des projets d’exploitation de la tourbe notamment à l’est de la RD Congo ; Promotion de l’utilisation du charbon minéral de Kalemie dans les industries lourdes de la CEPGL ; Elaboration et suivi des programmes de maîtrise et de conservation de l’énergie ; Mise en place d’un Réseau Bois-Energie en vue d’améliorer la planification de la consommation du bois-énergie ; Promotion de la recherche et du développement des substituts au bois de chauffage et au charbon de bois ; Renforcement des capacités dans la planification du secteur de l’énergie ; Mobilisation des ressources financières nécessaires à la réalisation des centrales hydroélectriques de Ruzizi III et Ruzizi IV ; Introduction du secteur privé dans les investissements de construction et d’exploitation des centrales hydroélectriques de Ruzizi III et Ruzizi IV ; Extension, réhabilitation et stabilisation du réseau électrique interconnecté de la CEPGL, ossature principale du réseau électrique d’échange et de commercialisation de l’énergie électrique dans Afrique de l’Est ; Renforcement de la Coopération sous régionale du secteur de l’énergie à travers des projets intégrateurs ; Promotion de l’exploitation d’autres sources d’énergie disponibles dans la région des grands lacs : bois-énergie, gaz méthane, énergie solaire, énergie géothermique, énergie éolienne, tourbe, charbon minéral, etc.

Pour accomplir sa mission, l’EGL travaille selon les trois axes stratégiques suivants : Planification régionale du secteur de l’énergie et analyse des politiques de chaque pays en vue de l’élaboration des politiques communes en matière d’exploitation des ressources énergétiques disponibles ; Réalisation de projets énergétiques communautaires en tenant compte des impacts environnementaux ; Formation, information et vulgarisation en vue du renforcement des capacités nationales dans la gestion, la planification et la gestion des projets énergétiques et dans la définition de la politique énergétique.

Réalisations de l’EGL

Créée le 20 août 1974, l’EGL n’a pu débuter ses activités que le 15 janvier 1976, soit deux ans plus tard. Malgré ce retard dans le démarrage effectif de ses activités, l’EGL compte à son actif plusieurs réalisations : la conception, les études et la construction de la centrale hydroélectrique de Ruzizi II avec une puissance actuelle de 43,8 MW ; l’interconnexion des réseaux électriques du Burundi, du Rwanda et de la RDC ; l’électrification des postes frontaliers ; l’électrification des relais hertziens de télécommunication ; la mise en place de la base Communautaire des Données Energétiques ; et enfin, la promotion de la mise en valeur du gaz méthane du lac Kivu.

Projets en cours et leur état d’avancement

Des sources proches de sa direction, nous apprenons que l’EGL est actuellement occupée à développer le projet de la centrale hydro-électrique de Ruzizi III. Elle a aussi programmé le développement de Ruzizi IV, la réalisation des études de la ligne 220 kV Goma-Butembo et la réalisation de l’étude de réhabilitation et extension du réseau de transport de l’énergie électrique à l’Est de la RDC.

Le site du projet de la centrale hydroélectrique de Ruzizi III est situé sur la rivière éponyme qui constitue la frontière naturelle entre la RDC dans la province du Sud-Kivu et la République du Rwanda dans la province de l’Ouest.

Le projet Ruzizi III sera le 3ème aménagement hydroélectrique sur la rivière Ruzizi après Ruzizi I, construit en 1959 et situé à 3 Km en aval de l’exutoire du lac Kivu, avec une capacité installée de 29,8 MW, et appartenant à la Société nationale d’Electricité de la RDC (SNEL). Quant à Ruzizi II, mis en service en 1989 et situé à 16 Km en aval de la centrale de Ruzizi I, cette centrale communautaire qui a une capacité installée de 43, 8 MW, est sous la gestion de la Société internationale d’Electricité des Grands Lacs (SINELAC).

Quid du financement de Ruzizi III ? Le projet Ruzizi III est soutenu par les bailleurs de fonds (AFD, BAD, BEI, BM, KfW et UE) qui ont accepté d’accorder aux Etats contractants (Burundi, RDC et Rwanda) les dons et prêts concessionnels qui seront rétrocédés à la Société de Projet pour le financement des travaux de construction de la centrale hydroélectrique Ruzizi III et de ses infrastructures associées.

D’une puissance installée de 147 MW pouvant être optimisée jusqu’en 230 MW, Ruzizi III est développé en Partenariat Public-Privé (PPP) qui vient répondre à la problématique d’un déficit énergétique qui perdure depuis les années 2010 dans les trois pays de la CEPGL.
Notons que la mise en service de Ruzizi III ne permettra pas de couvrir pendant longtemps toute la demande actuelle desservie et non desservie. Selon les prévisions de la demande, réalisées par FICHTER en 1993 dans le cadre du mégaprojet électrique de Ruzizi, il est impératif de mettre en service une nouvelle centrale hydroélectrique, 5 ans après sa mise en service de Ruzizi III.

Cette nouvelle centrale dont il est urgent de commencer tout de suite les études est celle de Ruzizi IV qui a fait l’objet d’une étude de préfaisabilité par le même consultant FICHTNER et dont le rapport final a été rendu public en mai 2010.

Selon les dit rapport, Ruzizi IV est d’autant plus justifié que la perspective d’exploitation du gisement de nickel, du projet de mines et de hauts-fourneaux d’étain au Rwanda, d’une nouvelle usine de production pour le compte de la société aurifère BANRO opérant dans le Grand Kivu, au Sud-est de la RDC, de la construction programmée de nouveaux aéroports au Burundi et au Rwanda ainsi que du développement futur de nouveaux quartiers urbains au Burundi, à l’Est de la RDC et au Rwanda, exige une énergie de plus en plus croissante et non disponible.

D’autre part, la mise en service de Ruzizi III à l’horizon 2025 ne pourra pas combler que partiellement le déficit important qui sera observable sur le réseau interconnecté dès 2022 compte tenu du retard enregistré dans la mise en service de nouvelles infrastructures de production électrique dans la région. Il est donc nécessaire de prévoir la mise en service d’une nouvelle centrale hydroélectrique communautaire pour faire face à cette situation de déficit. A bon entendeur, salut !

Dieudonné Buanali et WAK

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