Economie

Climat des affaires perturbé : Banro sous l’œil de cyclope des Maï-Maï à Namoya

Alors que le pays négocie un virage essentiel dans son combat contre la pauvreté et le sous-développement et que l’ensemble des acteurs se mobilisent pour contribuer à l’effort de redressement national ; certains investisseurs sont eux sous l’œil du cyclope tant leurs sites et leurs installations sont l’objet des attaques répétées des groupes armées locales et poussent ainsi ces opérateurs miniers à freiner si pas à fermer leurs activités dans ce pays. Ces zones devenues des triangles de la violence mettent en grave danger les populations et les investissements.

Notre rédaction a appris que des hommes armés ont envahi le site de Namoya, exploité par la compagnie Banro et ont empêché l’accès de celui-ci aux engins et aux travailleurs. Les responsables de l’entreprise contactés, n’ont pas voulu faire des commentaires en laissant le dossier entre les mains des autorités, mais nous croyons savoir que les Maï-Maï des plusieurs obédiences ont décidé de se servir de cette situation d’une entreprise installée à l’intérieur du Maniema pour opérer des razzias et se faire payer comme une vraie maffia sicilienne, tu me paies ou je te voles . La société civile du Maniema qui s’est penchée sur la question estime que les causes de cette insécurité sont dues au recul de l’autorité de l’Etat, car depuis quelques décennies, pendant la guerre de 1998, des jeunes gens au motif de défendre la Nation agressée s’étaient armés et sont devenus, après la guerre, des groupes à la merci des ambitions de violence.

Et pourtant, le gouvernement congolais, pour résoudre la question de violence liée à l’exploitation illégale des ressources naturelles, avait encouragé, au regard des conventions particulières et du code minier, des opérateurs miniers, industriels de venir s’installer dans ces zones et de créer des chaines de valeurs auxquelles pouvait se greffer les économies locales. Ainsi prenant le risque majeur et se donnant des impératifs industriels, la compagnie Banro s’est installée au Sud Kivu et au Maniema et Kibali s’est positionné au Haut-Uéle et ce, dans la filière aurifère. Cette industrialisation de la production avait pour objet indirect de réduire les poches de tension et de violence qui sont généralement situées autour des mines artisanales et dont les groupes armées sont parfois la main d’œuvre consentante. Si à Twangiza, la question des groupes armés ne s’est pas posée, elle est malheureusement devenue récurrente à Namoya au point qu’à notre connaissance, les activités sont arrêtées et le personnel technique en voie d’être évacué pour cause d’insécurité. Au niveau de l’armée que nous avons contacté, les responsables n’ont pas voulu répondre, mais disent que la situation serait bientôt sous contrôle.

Par ailleurs, Il faut signaler que la persistance des groupes armées dans cette partie du pays a fait l’objet des plusieurs opérations militaires et d’un programme de certification des sites en rapport avec la loi Dodd franck, cette législation américaine qui voulait que les industries minières puissent éviter des s’approvisionner dans des sites de violence ou des enfants travailleraient. Cette situation de Namoya est tragique, car l’industrie est légalement installée avec le respect des procédures en la matière, mais elle est confrontée au grand banditisme des groupes Maï-Maï qui estiment que cette société qui exploite l’or est une sorte de vache laitière pour eux. Les dernières déclarations du Chef de l’Etat encourageant les FARDC à continuer leurs opérations de ratissage et de désarmement de toutes ces milices qui pullulent les campagnes et qui fragilisent la mise en place des politiques publiques de forte industrialisation.

Robert tanzey

 

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