Société

COUPE ET COMMERCIALISATION DU BOIS EN RDC : GLOBAL WITNESS accuse IFCO d’exporter illégalement le bois congolais !

Dans un document d’enquête publié jeudi 14 mars dernier dont Géopolis Hebdo s’est procuré une copie ce mardi 19 mars 2019, l’organisation non gouvernementale GLOBAL WITNESS s’intéresse particulièrement à la société Industrie Forestière du Congo, IFCO en sigle, deuxième exportateur du bois en République Démocratique du Congo. GLOBAL WITNESS demande à plusieurs entreprises européennes importatrices du bois rd-congolais de s’assurer que le produit qu’elles achètent en RDC n’est pas issu de l’exploitation illégale et/ou de mieux contrôler les activités des entreprises auprès desquelles elles s’approvisionnent.

Lors de sa création, l’année dernière, l’Industrie Forestière du Congo a hérité de concessions exploitées précédemment par COTREFOR et avant cela par TRANS-M. « Deux sociétés au passé mouvementé », selon cette ONG environnementale. TRANS-M était dirigée jadis par l’homme d’affaires Ahmed Tajeddine, patron du grand groupe commercial congolais Congo Futur qui avait été placé sous sanctions par les Etats-Unis d’Amérique en 2010. Le Trésor américain estimait à l’époque que les millions de dollars générés par les entreprises d’Ahmed Tajeddine étaient utilisés pour financer le mouvement libanais Hezbollah, considéré comme un groupe terroriste par le pays de l’oncle Sam.

Deux ans après ces sanctions, TRANS-M est devenu COTREFOR, entreprise accusée à plusieurs reprises de trafic de bois illégal par GREENPEACE. Et l’année dernière, COTREFOR a transféré ses concessions à une nouvelle entreprise IFCO.

Selon GLOBAL WITNESS souligne dans son dernier rapport qu’IFCO a maintenu plusieurs cadres de COTREFOR à des postes clefs concernant l’exploitation du bois, la vente et les finances. Cet héritage trouble mériterait une enquête approfondie, selon GLOBAL WITNESS. L’ONG a documenté de nouvelles périodes d’exploitation illégale dans la concession de Bauru, en territoire de Befale, dans la province de Tshuapa, en 2018 et demande aux clients européens d’IFCO de vérifier la provenance du bois congolais qu’ils achètent.
La rédaction de Géopolis Hebdo a tenté à plusieurs reprises de joindre au téléphone les responsables d’IFCO afin d’avoir leur réaction officielle mais sans succès. Ce n’est qu’une partie remise.
Pour rappel, IFCO, à sa création, se voulait être une société responsable en matière d’aménagement, d’exploitation forestière, de transport et de commercialisation des produits forestiers ligneux. Sur l’ensemble de ses concessions forestières en RDC IFCO s’est engagé sur papier à : (1) Obtenir tous les droits légaux de récolte de bois dans ses concessions ; (2) S’acquitter de toutes les taxes et redevances légales inhérentes à tous ses activités ; (3) Prendre en compte les droits coutumiers légalement reconnus ; (4) Respecter les exigences nationales, internationales en matière de commercialisation et exportation de bois. Mais sur terrain, tel ne semble pas être le cas pour IFCO selon GLOBAL WITNESS. Affaire à suivre !

Dieudonné Buanali

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