Culture

De la science et des hommages : Henri Mova célèbre Samir Amin

« Samir Amin, la puissance de la pensée ». C’est par cet intitulé que le professeur Henri Mova a résumé Samir Amir, ses idées et son œuvre à travers une brochure de 80 pages. Intellectuel de haute volée et homme politique, Mova Sakanyi et l’association Afrosophia, fidèles à leur tradition d’honorer les penseurs, ont célébré l’intellectuel Franco-Egyptien hier jeudi 7 février, date de la disparition du penseur Africain Cheick Anta Diop. A travers ces hommages des géants de la pensée, le professeur Mova vise à faire connaitre aux jeunes l’histoire et ainsi fournir des armes intellectuelles aux générations des Africains.

Le professeur Henri Mova Sakanyi ainsi que l’association Afrosophia ont célébré, hier jeudi, l’intellectuel Samir Amin, dans la salle de spectacle à Showbuzz. Henri Mova qui, depuis quelques années, a instauré une tradition de lecture critique de l’histoire Africaine, dans un débat africain, pour promouvoir l’histoire et la production scientifique afin d’alimenter l’intellect des jeunes du continent africain, a choisi, comme les années antérieures, la date du 7 février, date de la disparition de Cheikh Anta Diop, pour rendre hommage et célébrer un autre homme de science, le Franco-Egyptien Samir Amin.

Devant une salle remplie des personnalités du monde scientifique et universitaire, des politiques, des Ambassadeurs (Egypte et Sénegal), des juristes et des journalistes, Mova a affirmé faire exception cette fois afin de célébrer Anta Diop à travers Amin, lui qui est économiste, philosophe et historien de talent, disparu le 12 Août 2018 à l’âge de 87 ans. L’intellectuel, fêté ce jour, est né de l’union d’un Egyptien et d’une Française. Il a passé sa vie intellectuelle à combattre l’hégémonie d’une clique sur les masses à travers le monde. Samir Amin qui a été professeur à l’Université de Paris, Dakar et Poitiers, a publié des ouvrages de haute volée sur le Droit, l’Economie, l’histoire, la société civile, le socialisme, le Maoïsme, a colonisation, l’impérialisme, le développement, la paysannerie etc.

De toute cette riche œuvre intellectuelle, le professeur Mova a tiré une brochure qui résume en 80 pages la production intellectuelle du professeur Franco-Egyptien. Pour Mova Sakanyi, ses rencontres annuelles avec les jeunes et les intellectuels visent à leur fournir les armes intellectuelles afin qu’ils tiennent face à la domination des autres, car si domination il y a, elle est d’abord sur le plan « des idées », a souligné Henri Mova Sakanyi.

Militant de la cause des opprimés, « Samir Amin peut être considéré, depuis Karl Marx, comme l’auteur qui a élaboré la critique la plus profonde du capitalisme ». Il a remis au goût du jour le philosophe, économiste et homme politique allemand.

L’intellectuel Franco-Egyptien s’est distingué comme l’un des meilleurs, si ce n’est le tout meilleur pour expliquer les mécanismes de construction du capitalisme mondialisé et le processus de mise sous coupe réglée des économies de la périphérie. La pensée d’Amin s’est imposée comme étant une référence incontournable pour plusieurs générations d’économistes de diverses origines.
Selon l’auteur de « Manifeste des jeunes, Ubuntu », le professeur Samir apparait comme le meilleur penseur de la globalisation capitaliste et le meilleur critique de l’accumulation libérale à échelle mondiale. Le penseur Egyptien avait remis en cause la vision angélique du développement, présenté comme neutre ainsi que le sous-développement considéré comme n’ayant aucune relation avec les conditions politiques ambiantes à l’échelle mondiale.

La thèse principale d’Amin est que le développement du capitalisme dans les Etats du nord (qui constitue le Centre) est à l’origine du marasme économique et du sous- développement dans les pays du sud (qui constitue la Périphérie). L’économiste soutient dans ces idées que la seule alternative pour échapper à cette emprise mortifère du Centre sur la Périphérie doit être « la Déconnexion ». Celle-ci est entendue comme un processus de reprise en main de sa destinée pour les pays dominés. Il leur faut reprendre le contrôle sur le processus d’accumulation interne.

Moins d’une année après la disparition du penseur, on a pu deviner que c’est avec une douleur presque filiale que Mova Sakanyi lui rend hommage. Car, ainsi que l’écrit l’actuel ministre de l’Intérieur et Sécurité, « à travers la mort d’Amir », ce sont des « miséreux et des misérables, les laissés-pour compte, les damnés de la terre restent orphelins d’une voix en leur faveur ».
L’intellectuel célébré hier jeudi a été d’une telle rigueur dans le domaine de la pensée que ses idées ont irrigué les études progressistes en quête de libération des pays dominés par les pays du Centre. Connu pour ne jamais prêter le flanc ni à la simplicité outrancière, ni à la démagogie et encore moins au mépris intellectuel, pour Amin, le monde intellectuel de la Périphérie devrait plus que jamais s’imprégner des idées de Karl Marx, lequel, selon l’intellectuel Franco-Egyptien, est plus que jamais utile, plus que jamais d’actualité pour se rendre compte que le marxisme est une véritable boite à outils pour décortiquer le monde afin de mieux le changer.

Patrick Ilunga

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