Société

Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) : L’achat du syllabus, un atout pour la réussite académique ?Réponse avec le professeur Mazu Makumbu Affisse de l’Université Révérend Kim de Nd’jili

Selon l’esprit et la lettre de la note circulaire n°002 /MINI-ESU/CABMIN/SMM/BLB/2017 de l’ancien ministre de l’ESU, M. Steve Mbikayi, la vente des syllabus en milieux universitaires est une antivaleur. En effet, la lutte contre les antivaleurs en matière de vente des syllabus dans les milieux universitaires -dont le plus coûteux revient en moyenne à 15 USD- est l’un des chevaux de bataille du Gouvernement de la République. Malgré l’existence de cette instruction académique, sur terrain, les choses n’ont pas changées. Certains professeurs continuent à faire la sourde oreille en rendant obligatoire l’achat des notes de cours polycopiées, passage obligé pour la réussite aux cours. Les étudiants continuent à se lamenter en rapport avec cette situation indéboulonnable. Sur ce, l’achat du syllabus est-il synonyme de la réussite ? Tentative des réponses avec le professeur Mazu Makumbu Affisse de l’Université Révérend Kim de Nd’jili. Au cours d’une interview accordée à Géopolis Hebdo, mercredi 22 mai dernier, cet homme de science pense que : « l’achat du syllabus (support) ne devrait pas être obligatoire ». L’entretien.

Géopolis Hebdo (GH) : Professeur, pouvez-vous expliquer à nos lecteurs la vraie signification de l’appellation syllabus ? Existe-t-il une définition particulière pour le mot syllabus ?

Professeur Mazu Makumbu Affisse (PMMA) : Il n’existe pas de définition particulière du syllabus. Au sens strict, ce qu’il faut noter est que le syllabus est un support imprimé où l’on trouve le contenu d’un cours de l’Université. C’est donc un petit livre contenant la matière d’un cours.

Quelques étudiants estiment que vous les professeurs, vous faîtes de l’achat du support une obligation. Qu’est-ce que vous en dîtes ?

Chez nous à l’Université Révérend Kim où je suis professeur étant donné que c’est une université chrétienne, vendre le support n’est pas une obligation, c’est donc facultatif. Nous mettons les syllabus à la disposition des étudiants, libre à eux d’acheter ou pas. Ici chez nous, le professeur qui ose imposer ou obliger à l’étudiant d’acheter un syllabus est automatiquement exclu.

Plusieurs étudiants restent encore dans l’ignorance de cette instruction académique, pouvez-vous expliciter pourquoi est-ce que les professeurs vendent le syllabus aux étudiants ?

Nous ne vendons pas le syllabus pour s’enrichir car, l’enseignement c’est l’apostolat. Nous mettons les syllabus à la disposition des étudiants afin de les aider à bien assimiler la matière. Les 2 ou 3 heures de cours mises à notre disposition ne nous permettent pas d’aller en profondeur et parfois même, nous n’arrivons pas à terminer la matière conformément au calendrier académique. Voilà pourquoi, l’étudiant doit acheter le syllabus. C’est pour son propre bien.

Certains étudiants estiment que l’achat du syllabus, c’est bien mais le prix est trop élevé. Partagez-vous cet avis ?

Si le support coûte cher, c’est peut être grâce au volume ou à la pagination. J’enseigne un cours intitulé ‘’Droit et protection de l’enfant’’. A l’époque, je vendais le syllabus à 5 USD pour 30 pages. Mais aujourd’hui, j’ai un support de plus de 100 pages et je le vends à 10USD, c’est un prix raisonnable et là je fais des multiplications pour les étudiants qui veulent en avoir. J’ignore ce qui se passe dans d’autres institutions universitaires mais chez nous, le syllabus le plus cher revient à 10 USD.

Certains étudiants se disent qu’une fois qu’ils achètent le syllabus, c’est l’assurance de la réussite. Accordez-vous des avantages aux étudiants qui possèdent le syllabus par rapport à ceux qui n’en n’ont pas ?

De façon objective, acheter le support n’offre aucun avantage et n’est pas synonyme de réussite. Là, c’est faux. Acheter le syllabus, c’est pour le bien de l’étudiant, si acheter le support favorise les uns et défavorise ceux qui n’en n’ont pas, ce sont des antivaleurs que l’on doit éradiquer, balayer et combattre dans les milieux universitaires. La réussite est pour un étudiant régulier au cours, qui suit le cours et qui s’applique.

Quels conseils donnez-vous aux étudiants en rapport avec notre sujet du jour ?

Aux étudiants, je leur conseille l’assistance aux cours, ils doivent venir régulièrement au cours car, certains professeurs comme moi, tenons aussi à la liste de présences. L’étudiant doit avoir le support pour son intérêt personnel car, à la fin de ses études universitaires, ce dernier peut constituer chez lui à la maison sa propre bibliothèque qui contiendra tous les ouvrages qu’il a achetés pendant son cursus universitaire.

Propos recueillis par Reagan Ngunza, Divine Mbambi et Gloria Yamayama (Stagiaires/IFASIC).

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