Santé

Evolution de l’épidémie d’Ebola en RDC : Oly Ilunga : « La sécurité demeure l’un des grands moyens pour lutter contre l’épidémie d’Ebola. »

Le ministre national de la Santé, Dr Oly Ilunga, a tenu un point de presse, le vendredi 07 juin dernier, à l’hôtel du Gouvernement. Cet échange avec la presse a tourné autour de l’évaluation des différentes activités menées pour briser la chaîne de transmission du virus Ebola. La sécurité demeure l’un des grands moyens pour lutter contre cette épidémie. La complexité de l’épidémie d’Ebola, la responsabilité des attaques armées dans l’augmentation des cas de contamination, l’engagement communautaire et les violences armées, les réussites non-négligeables et les principaux défis pour contrôler l’épidémie. Tels sont les cinq points sur lesquels le ministre national de la Santé s’est appesanti dans sa communication. Malgré les difficultés des équipes de riposte à faire leur travail à cause de la situation sécuritaire, l’épidémie d’Ebola continue à être contenue géographiquement, protégeant ainsi le reste du pays et les pays voisins. Le ministre Oly Ilunga confirme qu’à ce jour, aucun cas d’Ebola n’a traversé les frontières de la République Démocratique du Congo et l’épidémie ne s’est pas propagée dans les grands centres urbains les plus à risques, à savoir Goma, Bunia et Kisangani.

Au cours de cet échange avec les professionnels des médias, le ministre de la Santé Oly Ilunga a fait savoir que cette épidémie d’Ebola est la plus complexe en raison de la forte densité et mobilité de la population et du contexte sécuritaire. Il a également estimé qu’il y a plus de 1 million de personnes déplacées au Nord-Kivu. Le ministre de la Santé a souligné qu’une centaine de groupes armés sévissent dans la plupart des zones affectées par l’épidémie Ebola. C’est ainsi qu’il a dans le deuxième point de sa communication, renseigné que les attaques armées sont responsables de l’augmentation des cas de l’épidémie Ebola entre mars et juin 2019. « La barre des 1.000 cas a été atteinte le 24 mars 2019, soit près de 8 mois après la déclaration de l’épidémie d’Ebola. En 10 semaines, ce nombre a doublé pour atteindre 2000 cas d’Ebola le 02 juin 2019 », a déclaré le ministre Oly Ilunga avant d’ajouter : « Cette augmentation rapide des cas est directement liée aux attaques armées contre les équipes et les opérations de la riposte à Butembo et Katwa qui ont commencé avec les incendies des centres de traitement fin février 2019 et qui ont atteint un point culminant avec le meurtre du Docteur Richard Valery Mouzoko Kiboung, le 19 avril 2019 ». Le ministre de la Santé déplore cette situation d’insécurité et fait également savoir qu’après chaque attaque armée, les activités de riposte nécessaires pour briser la chaîne de transmission sont interrompues pour une durée indéfinie. Par conséquent, une augmentation de cas d’épidémie à virus Ebola était observée tous les 10-15 jours après chaque attaque.

« Afin de briser la chaîne de transmission du virus Ebola, une série d’activités doivent être réalisées autour de chaque malade d’Ebola. Le virus se propage quand les équipes sont dans l’incapacité de faire ces activités pour diverses raisons (refus de la famille, insécurité, fuite du malade, etc. », a dit le ministre de la Santé qui a par la suite mis l’accent sur l’engagement communautaire qui ne doit pas être confondu aux violences armées. Car, l’engagement communautaire dans une riposte contre Ebola consiste à engager de manière proactive les communautés affectées et celles à risques, à leur fournir des conseils sanitaires fiables et adaptés pour les encourager à adopter les bons comportements, tout en répondant aux préoccupations de la communauté.
Il a également démontré combien les violences armées contre le personnel médical et les infrastructures sanitaires dans un contexte de conflit armé sont une violation claire de la protection des agents de santé prévue par le droit international et humanitaire, et relèvent de la justice nationale et internationale.
Avant d’aborder le cinquième point de sa communication, le ministre de la Santé a rappelé qu’il y a également des réussites non négligeables notamment, la légère amélioration de la situation sécuritaire et le confinement géographique de l’épidémie.

« Les menaces contre la riposte restent élevées mais il y a une réduction des incidents de violence communautaire », a-t-il dit. « Depuis le début de l’épidémie, 18 aires de santé réparties dans 22 zones de santé, à travers les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, ont enregistré au moins un cas d’Ebola », renchérit-il.

Pour clore sa communication, le ministre de la Santé a donné les principaux défis pour contrôler l’épidémie notamment, la surveillance épidémiologique, la prévention et le contrôle des infections et les décès communautaires.
Le ministre Oly Ilunga s’est livré au jeu des questions et réponses avec les professionnels des médias à la fin de cet échange afin de donner plus d’éclairage sur l’évolution de la situation de cette épidémie. Il a aussi appelé la presse à l’accompagner dans la sensibilisation pour mieux lutter contre cette pandémie.

Georges Kisapindu

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