Société

Faut-il interdire le phénomène Matolo (mendicité urbaine) à Kinshasa ?

Réactions de la population à la décision prise par le gouverneur de la ville

Le gouverneur de la ville-province de Kinshasa a décidé, le 13 août dernier, d’interdire tout racolage aux abords du boulevard du 30 Juin, artère principale de la capitale congolaise afin de lutter contre le phénomène ‘’Matolo’’, entendons par-là ‘’la mendicité urbaine’’, un moyen de survie pour les enfants de la rue communément appelés « Shégués ». Par cette dernière décision, Gentiny Ngobila Mbaka veut tout simplement attirer l’attention de la population kinoise sur le danger que les ‘’matolistes’’ représentent pour la société kinoise : provocation des accidents de circulation, vol des biens des passagers et passant. Il a saisi cette occasion pour demander aux gens de bonne volonté qui aident souvent les mendiants et les « shégués », de ne pas le faire aux bords des avenues, au vu et au su de tout le monde. Le premier citoyen de la ville-province de Kinshasa estime que venir en aide aux précités, c’est une façon d’encourager ces jeunes qui restent toujours-là sans chercher du travail ou autres moyens de survivre. L’hôtel de ville de Kinshasa a décrété depuis le 13 août dernier la lutte contre la mendicité urbaine. A cet effet, elle adresse une mise en garde sévère aux automobilistes de la ville vis-à-vis des « shégués ». Géopolis Hebdo est descendu sur terrain, ce mercredi 14 août, afin d’interroger un groupe d’enfants de la rue. C’est tout naturellement qu’ils ont bien voulu répondre à nos préoccupations mais dans l’anonymat.

«Comment se faire nourrir si on ne demande pas, nous qui n’avons pas de parents ? Avant de prendre cette décision, il fallait d’abord analyser la situation générale de notre pays qui se trouve dans une situation de pauvreté extrême », a déclaré un Shégué rencontré sur l’avenue de la Libération, ex 24 novembre, vers l’Institut Supérieur de Commerce de Kinshasa (ISC/Kin). Avant d’ajouter : « La mendicité est partout mais pas comme dans notre pays. Le gouverneur de la ville doit savoir que tout le monde demande un moyen de vivre n’est pas (nécessairement) un vagabond. Dans notre pays, on n’a pas assez d’orphelinats, ni des personnes qui peuvent nous prendre en charge. A cela s’ajoute le chômage de plus en plus galopant. Il n’y a pas beaucoup d’emplois, on trouve même des jeunes comme nous qui ont beaucoup étudié mais qui n’ont pas de boulot. Alors, nous qui n’avons pas eu la chance d’être sur le banc de l’école pour apprendre un métier, comment allons-nous vivre ? » Notre orateur a fait savoir qu’ils gardent encore espoir, car c’est le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, lui qui a placé l’homme au centre de son premier quinquennat via son projet de société dénommé ‘’Le Peuple d’abord’’, qui a le dernier mot.

Selon un père de famille rencontré dans la rue, si l’Etat ne fait pas un effort pour prendre en charge l’avenir de la jeunesse congolaise, ce phénomène continuera toujours. Il faut, pense-t-il, régler définitivement ce problème qui est la conséquence de la non-prise en charge de l’éducation par l’Etat congolais qui l’a laissé aux parents constitués en majorité des agents et fonctionnaires de l’Etat mal rémunérés.

« En prenant cette décision, le gouverneur de la ville a mis la charrue avant le bœuf », pense un habitant de Gombe qui a requis l’anonymat. Selon lui, l’Etat devrait commencer par créer des projets qui vont donner du travail à la jeunesse désœuvrée qui constitue une bombe à retardement pour la société congolaise.

Héritier Lelo Mbenza

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