Economie

Financement et entretien des routes grâce aux péages, lumière sur les contrats Kinshasa-Matadi-Boma et Lubumbashi Kasumbalesa

Depuis l’arrivée des nouvelles autorités, une frénésie s’est saisie de plusieurs milieux au point que des dossiers ordinaires qui relèvent du partenariat public-privé sont trainés vers la lumière de la suspicion et des personnes habituées à la spéculation politicienne, jettent l’opprobre sur des projets conformes aux règles de l’art. C’est le cas du système mis en place par les autorités pour financer non seulement la réhabilitation et la modernisation des routes stratégiques et d’intérêt général, mais la construction de celles secondaires et l’amélioration des voiries urbaines pour garantir la fluidité du trafic, du transport des personnes et de leurs biens. Aux deux portes d’entrée du pays, à savoir Matadi et Kasumbalesa, sont connectées deux routes essentielles par lesquelles passe l’ensemble des exportations et des importations du pays. Au regard de la dépendance du pays aux taxes d’accises et douanes, on peut déjà deviner le sérieux qui entoure tout contrat qui tourne autour de la qualité des infrastructures routières, comme les routes nationales.

Pour saisir la portée de la question et ainsi séparer le vrai du faux pour faire la lumière sur les contrats qui couvrent ces activités économique important, Géopolis Hebdo a s’est fait fort de retracer les différentes péripéties et évaluer les efforts et les contraintes à la suite de cette initiative.

D’abord, il fallait réhabiliter et moderniser les routes en asphaltant et rendant praticables ces routes là où elles l’étaient moins. La grande question à ce niveau c’était : où trouver le financement dans un contexte de non coopération structurelle avec les institutions traditionnelles de financement ? Le gouvernement a ainsi recouru au partenariat public-privé (PPP) pour donner une chance à ce grand projet de se réaliser. Ainsi, deux sociétés ont signé des contrats de concession conformément aux textes légaux en la matière, pour agir sur les routes en préfinançant les travaux de réhabilitation et de modernisation. C’est dans cette perspective que l’on peut comprendre la signature de ces contrats de concession auxquels il est défini un cahier des charges précis en vue de garantir la transparence, l’efficacité et la traçabilité du processus de réalisation des recettes et de l’affectation des fonds mobilisés conformément aux clauses contractuelles.

Voilà ce qui fonde les différents travaux d’évaluation de chacune des concessions par une commission spécialisée composée des représentants du gouvernement central (Ministère des travaux publics et infrastructure), des gouvernements provinciaux (Kongo central et Haut-Katanga) et des structures techniques spécialisées du gouvernement à savoir l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) et l’Office des routes.

Selon nos dernières informations, près de 200 millions de dollars américains ont été injectés dans la modernisation des tronçons dont l’intérêt général est plus qu’une évidence, à savoir Kinshasa-Boma et Kinshasa-Lufu vers la frontière avec l’Angola. Dans le grand Katanga, c’est le tronçon Lubumbashi-Kasumbalesa qui est l’objet de tous les soins. Ces gros investissements qui ont garanti une valeur ajoutée aux infrastructures de base existant, ont également eu un impact direct sur la fluidité des trafics et les délais de livraison de l’import comme l’export.

Maintenant, comment permettre à ces investisseurs de récupérer les fonds injectés ? Il s’agit de grosses sommes. Le système de péage est une réponse à ces genres de question.  Le péage donne à chaque usager la possibilité de contribuer au maintien et à la qualité de l’ouvrage. Cette mécanique a permis, selon les chiffres en notre disposition, la création de plus de 200 emplois à temps plein et d’une moyenne de 100 emplois à temps partiel. Aussi, les fonds récoltés sont versés dans une banque et sont repartis selon les clés prédéfinies dans les contrats de concession à savoir une quote-part aux entités gouvernementales au niveau national et aux provinces où se trouvent les routes concédées, une quote-part aux remboursements des fonds investis et une quote-part pour assurer le fonctionnement du système à savoir, couvrir les rémunérations et les paiements de certains impôts et taxes connexes.

Dans le cadre du rapport des activités accomplies par la Sopeco et la SGR dans les concessions sous leur gestion, on peut identifier les faits suivants : la réhabilitation et l’élargissement à différents endroits de la route revêtue Kinshasa-Matadi jusqu’au pont Maréchal, l’entretien régulier de la route revêtue Kinshasa-Matadi sur 365 Km, la construction, la construction de 10 Km de la voirie dans les villes de Matadi et Boma, la réhabilitation et l’élargissement de la route-revêtue UPN-Matadi Mayo à Kinshasa longue de 7 Km avec indemnisation des expropriés le long du tronçon, la construction du boulevard Joseph Kabila à Boma long de 12, 460 Km, la réhabilitation du tronçon Matadi-Boma, long de 120 Km et installation des postes de perception de péage sur base d’un avenant au contrat signé le 1er avril 2015.

Dans la concession Lubumbashi-Kasumbalesa, les faits suivants peuvent être mis au compte du concessionnaire à savoir, la réhabilitation de la route revêtue 29 Km sur 40 Km de Lubumbashi-Kasumbalesa, l’élargissement de l’entrée Kasumbalesa à partir du poste frontalier jusqu’au poste de péage, long de 6 Km, les travaux d’entretien régulier de la route Lubumbashi –Kasumbalesa, longue de 95 Km, construction de 10 Km de la voirie urbaine à Lubumbashi, construction de 27,138 Km de la route revêtue de contournement de la ville de Lubumbashi.

Il faut signaler que cette disposition connait aussi des difficultés, notamment les fraudes aux péages, encouragées par des agents peu scrupuleux lesquels préfèrent faire passer quelqu’un au motif que celui a donné un montant forfaitaire qui va dans la poche de l’intéressé, lui aussi sans scrupule. Cette fraude perpétrée par des agents commis en complicité avec des automobilistes, a fini par avoir un impact négatif sur le niveau des recettes. Cet impact qui se ressent dans les recettes versées aux provinces aussi comme l’a signalé un préposé des recettes au Kongo central.

Tout de même, ces difficultés n’ont pas entamé la détermination des promoteurs qui ont déjà commencé à moderniser le système par l’automatisation du péage au niveau des postes clés comme Kasangulu, Lukala et Kenga, à l’entrée de Matadi. Ce modèle économique qui a fait ses preuves sous d’autres cieux, peut être étendu aux provinces de la RDC avec en perspective, la sortie vers les 9 pays qui partagent de frontière avec le Congo et les zones économiques d’Afrique. Il ne reste au gouvernement que de dupliquer ce modèle en le rendant encore meilleur.

                                                                    Géopolis Hebdo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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