Société

Fonds d’Assainissement de Kinshasa (FONAK) : Muissa Monga Lilombo dévoile le nouveau système de gestion des ordures ménagères

Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, dispose désormais d’un nouveau système de gestion intégré des ordures ménagères. Annonce faite par le Directeur Général du Fonds d’Assainissement de la Ville-Province de Kinshasa (FONAK), Muissa Monga Lilombo, à la 4ème édition de la conférence et exposition dénommée ‘’Expo-Béton 2019’’, axée sur le thème «Kinshasa 2050, mégalopole du Corridor-Ouest». Durant 4 jours, soit du 09 au 12 septembre prochains, au Pullman Grand Hôtel Kinshasa, plusieurs thématiques sont développées par les experts de plusieurs secteurs. Des conférences, offres promotionnelles, expositions et diverses activités culturelles sont les centres d’intérêt de l’édition de cette année dont le go a été donné par le ministre de l’Urbanisme et Habitat, Pius Mwabilu, représentant du chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Pour Jean Bamanisa Saidi, initiateur de cette rencontre et Président du Comité d’Organisation, il est en effet nécessaire de penser d’ores et déjà à ce que doit être la mégalopole du Corridor-Ouest dans quelques années. Prenant la parole à son tour, le Directeur Général du FONAK a eu des mots justes : « La réalisation de cette activité qui se veut participative et fédérative, corrobore avec la vision du Gouverneur de la Ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka, exprimée lors de la présentation de son Programme quinquennal, celle d’assurer un assainissement adéquat de la Ville dans le but d’améliorer qualitativement la vie des Kinoises et Kinois ». Avec une superficie de 9.965 Km2 dont seulement 2.500 sont occupées, Kinshasa est habitée par plus ou moins 12 millions d’âmes. Celles-ci produisent 9000 tonnes/jour dont 65% de déchets organiques. La production mensuelle de déchets solides est de 270.000 tonnes/mois. Quant à la production annuelle des déchets solides, elle est de 3.240.000 tonnes/an et nécessite 12 millions USD/mois pour leur évacuation. C’est énorme ! Malgré le coût élevé de l’assainissement dans la plus grande mégalopole du pays, les autorités provinciales qui ne baissent pas les bras, ont déjà identifié les axes d’intervention. Il s’agit entre autres : (1) L’assainissement primaire (balayage, désensablement, désherbage et raclage) ; (2) La collecte et l’évacuation des déchets solides ; (3) Le recyclage et la valorisation des déchets solides ; (4) L’évacuation et traitement des excrétas humains ; (5) Le curage des ouvrages de drainage et des rivières ; (6) La lutte anti-vectorielle (4D: désinfection, désinsectisation, dératisation et Désodorisation) ; (7) Le reboisement, l’aménagement et embellissement (espaces, places et artères publiques, etc.) ; (8) La lutte antiérosive et enfin ; (9) La bonne gouvernance.

En effet, il s’observe une dégradation inquiétante de l’assainissement de la ville de Kinshasa caractérisée au quotidien par une production croissante d’ordures, dont plus de 70% ne sont pas évacuées dans des décharges agréées. Le patron du FONAK, Muissa Monga Lilombo, a identifié les causes profondes de cet état des choses dues essentiellement à : (1) L’incivisme de la population en matière de gestion de déchets et manque d’information sur les conséquences que cause l’insalubrité ; (2) L’insuffisance des moyens d’évacuation et de stockages des immondices ; (3) L’absence des mécanismes de traitements des déchets tant solides, liquides que gazeux ; (4) La détérioration des ouvrages d’assainissement et enfin ; (5) La modicité des ressources disponibles à allouer à l’assainissement de la Ville.

Malgré ces difficultés, la ville de Kinshasa dispose des quelques atouts pour le relever le défi de l’assainissement. Il s’agit notamment de : (1) La nouvelle dynamique impulsée par les nouvelles autorités tant au niveau central que provincial ; (2) L’adhésion de la population aux initiatives des nouvelles autorités ; (3) L’existence des textes légaux et règlementaires, et possibilité de mener des réformes (L’Edit n° 003/2013 du 09 septembre 2013 relatif à l’assainissement et à la protection de l’environnement de la Ville de Kinshasa ; L’Arrêté N° SC/BGV/MIN.EEG/FINECO/0074/NL/2018 du 09 avril 2018 rendant obligatoire la collecte séparée des ordures et déchets ménagers par l’utilisation exclusive des sacs poubelles biodégradables, ect.) ; (4) L’existence du Fonds d’Assainissement de Kinshasa (FONAK) et enfin ; (5) L’existence de la Régie d’Assainissement de Kinshasa (RASKIN).

Une fois mis en œuvre, foi du DG Muissa Monga Lilombo, le nouveau système de gestion intégré des ordures ménagères dans la ville de Kinshasa permettra à la fois de créer de nouveaux emplois dans la filière (Chariotmen, Éboueurs, Recycleurs, Implantation d’usine de valorisation, pour ne citer que ceux-ci) et au pays d’être éligible aux Fonds Verts car, il combat les effets de changement climatique.

Notons que le FONAK est une structure créée pour financer les activités liées à l’assainissement et à la protection de l’environnement de la Ville de Kinshasa. Celle-ci présente, selon les experts en environnement, 4 visages : (1) Kinshasa urbanisée (Gombe) ; (2) Kinshasa semi-urbanisée (Kalamu) ; (3) Kinshasa rurale (Kimbanseke) et enfin ; (4) Kinshasa semi-rurale (N’djili).
Selon toujours les spécialistes, chaque ville a ses spécificités tant sur le plan comportemental qu’urbanistique. Pour éviter une multiplicité de modes de gestion, Muissa Monga Lilombo et le FONAK en proposent deux, calqués sur les modèles présentés ci-haut.

A Kinshasa urbanisée et semi-urbanisée, il a été proposé l’utilisation des sacs poubelles au niveau des ménages (bleu, jaune et blanc) ; la collecte faite avec des tricycles/camions compacteurs ; et les stations de transfert compartimentées selon les différentes catégories de déchets.

A Kinshasa rurale et semi-rurale, il a été proposé la campagne de sensibilisation et de vulgarisation ; la création d’espaces pour les bennes poubelles ; le recours aux chariotmen/pousse-pousseurs pour la collecte primaire ; et l’octroi d’espaces pour les recycleurs à côté des Points de collecte. Cette liste n’est pas exhaustive.

« La mesure phare en terme de gestion des ordures ménagères est la collecte séparée des déchets qui reste la voie indiquée pour stabiliser les évacuations des déchets, rentabiliser la filière de recyclage et atténuer les effets de serre », a fait savoir le numéro 1 du FONAK. Avant de poursuivre : « De nos jours, les déchets sont considérés comme l’or vert, leur traitement sélectif va, à coup sûr, générer des recettes ».
Pour gagner le pari de l’assainissement, il est important de mettre en place un programme qui prenne en considération la trilogie Sensibilisation – logistique – Infrastructures.

« Face à ce défi majeur et tout en prenant la juste mesure des enjeux environnementaux de l’heure, Gentiny Ngobila Mbaka, Gouverneur de la Ville de Kinshasa, projette un programme ambitieux qui se résume en ces termes «KINSHASA BOPETO» pour une métropole attractive, rayonnante et résiliente, susceptible d’offrir un environnement propice de vie aux kinoises et kinois ». C’est par cette phrase que l’orateur du jour mettra fin à sa communication.

Dieudonné Buanali

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