Société

IL N’Y A PAS DE SOT MÉTIER : Profession vendeur d’eau en sachet communément appelée ‘’eau pure’’

‘’L’eau, c’est la vie’’, telle est la devise de la Régie de distribution d’eau de la République Démocratique du Congo (Regideso). Cela n’a de sens que si cette eau a été captée, traitée, purifiée et rendue potable. Dans ce cas, on parle de l’eau pure, propre à la consommation (la vaisselle, la lessive, la cuisine, se laver, boire…). Mais quand cette eau a subi partiellement ou pas un traitement, elle est qualifiée d’impropre à la consommation. On parle alors d’eau pire. Sur ce, l’eau qui est vendue en sachet ou en bouteilles plastiques sur les principales artères et places publiques à Kinshasa est-elle pure ou pire ? Réponses avec Mike Masuaku, vendeur ambulant d’eau en sachet, rencontré dans un quartier de la commune de Ngaba. Dans cet entretien avec Géopolis Hebdo, il nous explique quelques faits positifs et négatifs ayant trait à son métier. Interview.

Géopolis Hebdo (GH): Vendre de l’eau en sachet communément appelée ‘’eau pure ou eau pire’’, une passion ou bien tu fais ce métier uniquement pour s’en sortir ? Ça fait combien de temps que tu exerces cette profession ?

Mike Masuaku (MM) : Ça fait exactement cinq (5) ans que j’exerce ce métier et je le fais uniquement dans le cadre de l’article 15 comme on le dit souvent “débrouillez-vous”. C’est tout ce que je sais faire en tout cas pour le moment, je n’ai pas eu la chance d’aller si loin avec mes études, mes parents m’ont quitté très tôt et je n’ai qu’un petit diplôme de l’école primaire. Etant un homme, je ne peux pas croiser les doigts car, la manne ne tombera pas du ciel. Voilà pourquoi, j’ai résolu de faire ce travail pour ma survie quotidienne.

Comment fais-tu pour t’approvisionner en eau pure ? Tu te retrouves quand même en exerçant ce métier ?

J’ai un fournisseur que je ne vais pas citer ici pour des raisons personnelles. C’est une dame, je travaille avec elle il y a 5 ans maintenant. Elle me donne de l’eau en paquet déjà froide et je pars la vendre. Comme chaque journée a ses réalités, il y a des jours où je vends 10 paquets, d’autres 8 paquets … Oui, je me retrouve car, mon employeur me donne 45% de mes entrées journalières et cela me permet de louer une maison et de prendre soin de moi avec la nourriture et les habits. Je travaille donc 6 jours/les 7 possibles. Le dimanche, je me repose.

Quelles sont les difficultés que tu rencontres en faisant ce travail ? Mettre le sachet d’eau chaque jour sur la tête n’endommage pas ton cerveau ou ne nuit pas à ta santé ?

Vendre de l’eau, c’est un travail difficile. On s’expose au soleil, aux accidents de la route. Tu peux donner de l’eau à un client et la voiture démarre, le client ne t’a pas encore donné de l’argent. Seulement, quelques clients de bonne volonté, bien que la voiture ait déjà démarré, prennent soin de le jeter sur la chaussée par derrière. Et quelques agents de la Police de circulation routière (PCR), communément appelés ‘’Roulages’’, aussi en font de trop. Ils viennent boire notre eau sans pour autant payer. Quand je rentre le soir, je me retrouve avec des manquants.

Pour ma santé, je suis obligé de prendre un antidouleur chaque jour car, l’eau que je mets sur la tête me donne des frissons, des mots de tête. Voilà pourquoi je prends régulièrement des médicaments contre la douleur et la fatigue.

Comment entrevoyez-vous votre avenir après ce métier ?

Pour le moment, je fais des économies avec le peu que je gagne car, l’idéal pour moi, c’est de poursuivre un jour mes études pour faire afin d’exercer un métier noble. Et j’arriverai à atteindre mon objectif, peu importe le temps que ça me prendra. Je demanderais aussi aux autorités de mettre en place un nombre conséquent des poubelles publics car, nos clients en achetant de l’eau, jettent les sachets en désordre ça et là, et Kinshasa la belle redevient Kinshasa la poubelle à cause des emballages plastiques non recyclés et ramassés. Cela permettra aux consommateurs, mieux nos clients, de jeter le sachet dans des endroits appropriés et la ville redeviendra propre comme jadis.

Propos recueillis par Reagan Ngunza Kasala/Stagiaire IFASIC.

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