Economie

Interview exclusive : Déogratias Mutombo : « la recapitalisation de la BCC est un objectif dans le cadre d’un Plan Stratégique. »

Aujourd’hui plus qu›hier, la Banque centrale du Congo (BCC) a besoin, pour mener à bien ses politiques monétaires, d’être recapitalisée. C’est-à-dire d’avoir un capital propre  pour financer les investissements d’envergure. Renforcer la capacité de la BCC afin de l’aider à accomplir sa mission de stabiliser la monnaie nationale (Franc Congolais, NDLR), le système financier et enfin, concourir au financement de l’économie. C’est ce qu’indique Déogratias Mutombo Mwana Nyembo, gouverneur de la Banque centrale du Congo, dans une interview exclusive accordée à Géopolis Hebdo sur ce sujet. Et le Gouverneur de la Banque Centrale est optimiste quant aux efforts de son institution de parvenir à accroître des moyens propres pour jouer ce rôle clé dans l’économie congolaise. Avec les 41 milliards des chiffres obtenus en 2017, la BCC a ainsi entamé une phase ascendante.

Géopolis Hebdo (GH) : Monsieur le Gouverneur, à quoi consiste exactement cette recapitalisation de la Banque centrale du Congo (BCC) ?

Déogratias Mutombo (DM) : Il faut doter la Banque des fonds propres. Quand vous regardez, le bilan a un cap négatif. Le passif est supérieur aux actifs. C’est à partir de l’année 2017 qu’on a inversé la tendance parce qu’on a réalisé un bénéfice d’exploitation de 41 milliards de Francs Congolais (CDF) certifié par les experts de l’audit international (Cfr Rapport annuel de la BCC).

Nous pensons que nous pouvons en encore (en 2018) faire quelques bénéfices. Petit à petit, nous sommes en train de (re)constituer le capital de la Banque centrale du Congo. Nous avons déjà réussi à changer la configuration du bilan qui n’est plus à dominance passif, mais plutôt actif.

Quel est l’avantage de cette recapitalisation ?

Une Banque centrale, pour être efficace, y compris dans la conduite de la mise en œuvre de sa politique monétaire, doit avoir une autonomie financière. C’est-à-dire, des moyens propres pour mener à bien ladite politique. L’objectif de cette mesure (recapitalisation, NDLR), c’est d’avoir une Banque qui a une forte autonomie, une indépendance financière et surtout, une capacité institutionnelle renforcée de manière à mener à bien sa mission de stabilisation de la monnaie, de contribuer également à la stabilité financière et au financement économique pour l’émergence de la République Démocratique du Congo (RDC). Chaque objectif étant constitué comme une stratégie.

Faites-vous le lien entre l’autonomie et la capacité financière de la Banque ou l’autonomie seulement dans les textes ?

L’autonomie de la Banque est d’abord au sens des moyens. La recapitalisation est un objectif dans le cadre d’un Plan Stratégique d’une Banque centrale. Et cela passe par trois volets, à savoir : L’assainissement du bilan, la maîtrise des charges opérationnelles et la dotation en capital. Mis ensemble, le tout concours à la dotation en capital. Nous avons réussi à maîtriser les charges durant tout mon mandat, depuis que je suis nommé gouverneur, la Banque centrale n’a plus réalisé de déficits budgétaires.

Donc, nous avons terminé chaque année avec des petits bénéfices mais qui étaient juste pour équilibrer les charges et produits. Mais à partir de 2017, nous avons fait un bénéfice substantiel de 41 Milliards de FC qui nous a permis de constituer le fonds propre. C’est en bonne voie déjà.

L’Etat a donc l’obligation de rembourser la dette qu’il a vis-à-vis de la Banque centrale du Congo, mais cela ne se fait pas comme prévu alors qu’une convention de régularisation a été signée entre la BCC et le Gouvernement de la République…

Toutefois, les portes sont aussi ouvertes aux investisseurs extérieurs qui peuvent avoir les statuts de Financiers auprès de la BCC, s’ils financent au titre des prêts.

Mais après, la recapitalisation peut passer par des actions non envisagées. Lorsque, par exemple, nous construisons des bâtiments à Lubumbashi (haut-Katanga) et à Matadi (Kongo-Central), donc on a investi le bilan du côté des actifs qui augmentent également le capital propre.

Aujourd’hui, avec les moyens propres, la BCC envisage la création d’un Système national de payement dénommé ‘’Switch Monetic’’ et la création de la ‘’Société de Monétique’’. Ceci indique que pour mener à bien les politiques monétaires, une Banque centrale doit avoir ses propres moyens…

L’importance d’une autonomie financière de la Banque est qu’elle peut, par elle-même, financer certains projets sans attendre l’appui extérieur, donc, des financiers extérieurs. Si la Banque n’a pas de fonds propre comme à l’époque, pour financer, il faut tourner la planche à billets. Cette dernière créé le deficit, provoque l’inflation et vous ne savez pas financer des investissements d’envergure qui vont vous permettre de renforcer la capacité à bien travailler.

Propos recueillis par WAK. Texte par Paulin Muembo.

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