Politique

Interview exclusive : MUYEJ MANGEZ MANS : KOLWEZI : Ce qui s’est réellement passé

Après la conférence minière tenue à Kolwezi en septembre dernier, cette ville a fait encore parler d’elle. Hier mardi, les réseaux sociaux bruissaient des rumeurs les plus alarmantes. Selon les informations qui circulaient sur la toile, le chef-lieu de la province de Lualaba était en proie à des troubles autour des carrières des mines, lesquels troubles se seraient soldés par la mort tragique de deux sujets chinois. Faux ! A rétorqué Richard Muyej. Joint par Géopolis hebdo, le gouverneur a, dans une interview exclusive, tenu à recadrer les choses et rétablir la vérité.

Monsieur le gouverneur, nous avons appris qu’à Kolwezi, à Lwilu précisément, il y a eu quelques incidents. Pouvez-vous nous dire exactement ce qui s’est passé ?

Il y a eu un incident samedi passé : un creuseur est mort dans une carrière par éboulement. Alors les autres, en voulant récupérer le corps, c’était en pleine concession KCC, ils ont créé du désordre. Ils ont créé l’anarchie, ce qui a poussé les services de sécurité de la société à les déguerpir. Une première fois, une deuxième, finalement, ils ont autorisé un petit groupe à sortir le corps, ce qui a été fait. Mais pris de colère, ils sont partis et sont revenus le lendemain matin pour des représailles. La police est intervenue. Ils ont malgré tout réussi à piller légèrement sur le parc à véhicules. Mais aussi dans quelques bureaux. Mais, c’était faible parce que l’intervention de la police a été efficace. Malheureusement ils ont continué à jeter des pierres et ont finalement blessé deux policiers. Le nombre de ces gens-là s’ajoutait, le désordre devenait intense, ce qui m’a poussé à aller sur le site pour encadrer la résistance de la police, jusqu’à ce qu’on les a éloignés du site. Malheureusement ils ont saccagé un petit bureau de la police ; ils ont également incendié une camionnette de la police. Comme je vous l’ai dit, ils ont blessé deux policiers dont un officier. Mais dans leur camp, en plus du mort, suite à l’éboulement, il y eu deux blessés que j’ai visités à l’hôpital de Mwangeji, ils sont hors de danger. Tout ceci est arrivé à 14h30, le dimanche. Depuis lundi et mardi, la situation est très calme. Je suis surpris par tout ce qui se dit et qui s’écrit dans les réseaux sociaux. Je crois que les gens doivent chercher l’information ailleurs parce qu’à Kolwezi, la situation est calme.

On parle même des chinois qui seraient décédés. Tout cela est faux donc…

Il n’y a aucun chinois qui est mort. Il y en avait aucun dans les environs du KCC, aucun ! Ils peuvent vérifier au niveau de l’ambassade de Chine. Les chinois sont organisés en structure dans toutes les villes minières. Il n’y a aucun chinois qui a été déclaré disparu ou mort. C’est archifaux.

Monsieur le gouverneur, cette situation relève un autre problème, celui de la cohabitation entre la production artisanale et la production industrielle. Quelles sont les mesures que vous comptez prendre pour que pareille situation ne puisse revenir ?

Il n’y a aucune situation grave entre les deux modes de production. Les deux modes se font sur des sites différents. L’exploitation artisanale s’exerce sur des zones d’exploitation artisanale, tandis que la production industrielle, c’est sur des espaces généralement très vastes. Le seul problème qu’il y a, devant les difficultés observées sur les zones d’exploitation artisanales à cause de l’absence de découverture, quelques creuseurs s’infiltrent dans des installations pour l’exploitation sur des anciennes carrières mises en réserves ou abandonnées pour un temps. Et à Kolwezi, puisque les opérateurs miniers sont informés de cette difficulté, beaucoup ont accepté que cela se fasse en attendant que le gouvernement provincial organise la découverture des sites de petites mines. Il y a eu une première entreprise, la Sicomines qui a disponibilisé des moyens pour organiser cette découverture. D’autres suivront sûrement et nous-mêmes nous avons trouvé la formule d’intéresser les investisseurs qui ne sont pas dans l’industrie minière, et qui cherchent du minerais, nous les intéressons pour qu’ils participent au programme de financement de découverture et nous avons signé deux ou trois petits contrats. Je crois que c’est une question qui sera résolue pour séparer totalement la production artisanale de la production industrielle. Il n’y a jamais eu d’incidents pour ça parce que la réforme se fait et les creuseurs savent qu’il y a des solutions qui viennent. Ce qui est arrivé hier, c’est un incident dû à l’accident dont je vous ai parlé. Et nous avons perçu à travers le comportement de ces jeunes, que ce sont des jeunes qui sont venus d’ailleurs. Parce que ça c’est une culture qu’on ne connait pas où même à l’arrivée de l’autorité, les gens continuent à s’agiter. C’est assez rare chez nous. Mais qu’est-ce que vous voulez ? Tout le monde court derrière le cobalt. S’il y a des gens qui viennent d’Asie, des Etats-Unis et d’Europe, pourquoi est-ce que dans les provinces voisines, les gens ne viendraient pas autour des cuivres et cobalts. Ils sont là. Il ne nous appartient à nous autorité de gérer et nous gérons. Comme l’incident d’hier, il a été bien géré. Comme je vous le dis, l’amplification vient des gens de mauvaise foi qui croient noyer le régime à travers le mensonge. Nous connaissons le jeu et nous connaissons aussi les joueurs et ils ne nous réussiront pas à nous avoir.

Il y a eu quand même beaucoup des biens détruits à la faveur des incidents qui ont eu lieu. Il y a eu des blessés, est-ce qu’il y a une enquête qui est ouverte ? Est-ce que les creuseurs qui sont quand même indentifiables seront poursuivis ? Ou bien vous avez pardonné tout ça…

Nous avons procédé à des arrestations. On en a arrêté une dizaine qui continue à dénoncer les meneurs. Nous poursuivons et les sanctions seront très sévères. Parce que là où il y a les affaires, on devrait éviter de tels incidents. Nous faisons des efforts pour que le climat social soit totalement assaini. Il n’est pas question de pardonner des voyous qui viennent perturber l’ordre public sans raison.

Propos recueillis par WAK, Texte, Patrick Ilunga

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