Société

Kahuzi-Biega : Affrontements entre Pygmées et gardes du Parc

Le Parc national de Kahuzi-Biega, situé dans la province du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, est en proie à l’insécurité. Une année durant, les éco-gardes de ce patrimoine s’affrontent avec les peuples autochtones (pygmées). Leurs attaques se multiplient du jour au jour. D’autres menaces planent sur le parc, notamment la déforestation d’environ 300 hectares, les braconnages et même l’exploitation des minerais dans ce parc. « Ça doit s’arrêter immédiatement. Voilà pourquoi je demande à toute la communauté nationale et internationale de pouvoir se mobiliser pour décourager tout ce qui se fait », a déploré Jacques Amani Kamanda, rapporteur de l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu, au micro de la RFI.

Considérés historiquement comme les premiers occupants du Congo, les pygmées menacent de regagner la forêt de ce parc, une zone qu’ils considèrent comme leur territoire d’origine. Un conflit qui date de longtemps mais qui de plus en plus, prend une autre ampleur, depuis une année.

Un membre du Collectif des Peuples autochtones a déclaré que les Pygmées ont pris d’assaut une partie du parc qu’ils considèrent comme leur milieu naturel. « Mes frères, les peuples autochtones (pygmées), depuis qu’ils ont été chassés, aucune mesure d’accompagnement n’a été suivie ». Hubert Mulongoy, chargé de communication du Parc national de Kahuzi-Biega, a quant à lui précisé qu’il s’agit d’une milice déjà constituée pour s’en prendre aux éco-gardes. « Est-ce que les Maï-Maï qui nous ont attaqués sont des Pygmées ou c’est une milice ? », a-t-il demandé.
Le Partenariat pour la Protection Intégrée (PPI), dans une lettre adressée au ministre national de l’Environnement, s’inquiète de l’allure actuelle des choses. « Ces conflits, risquent de déboucher sur un conflit intercommunautaire si ce n’est pas bien géré parce que les gardiens des parcs et les pygmées vivent tous dans le même village », a expliqué maître Pascal Mupenda, chargé des programmes du PPI. Pour remédier à cela, le ministère provincial de l’Environnement envisage une solution définitive à ces conflits. L’organisation d’une table ronde qui devra réunir les gardes, les communautés locales et les Pygmées, figure parmi les pistes des solutions envisagées.

Retenez que les pygmées continuent à demander d’être indemnisés par l’Etat congolais, s’ils ne peuvent rejoindre le parc. Des organisations ont saisi, à plusieurs reprises, la Cour africaine des droits de l’homme sur cette question.

Carmel Kibaka

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