Economie

Kasongo Mwema : « La situation financière de la RDC est stable »

Finances dans le rouge, la vie macroéconomique qui menace de partir en vrille… chiffre à l’appui, le bulletin de l’observatoire de la dépense publique dépeint un environnement financier qui a échappé au contrôle et à la rigueur pour le premier trimestre 2019. L’ONG pointe du doigt les institutions, à commencer par la présidence. Aux chiffres de l’ODEP, la présidence, par le biais de son porte-parole, a tenu à préciser, sur foi des informations de la Banque Centrale du Congo, que « la situation financière est plutôt stable ».

Selon un rapport de l’Observatoire de la dépense publique (ODEP), une ONG créée en 2011 et qui regroupe des organisations qui suivent la mise en application du budget de l’Etat, la gestion des finances publiques au cours du premier trimestre de 2019 n’a pas été orthodoxe. L’ONG, citée entre autres par La libre Afrique, dépeint un environnement financier où il y a eu des dépenses extrabudgétaires, des contreperformances des régies financières et l’explosion des dépenses institutionnelles. Selon le bulletin de l’ODEP, « les trois premiers mois du nouveau régime, n’ont pas été tendre pour les finances de l’Etat ». Cette seule phrase a suffi pour alimenter la polémique dans les médias et dans les réseaux sociaux. Dès lors, chacun y va de son commentaire et il se trouve maintenant des « spécialistes » qui croient savoir que « la Banque Centrale a été saignée », et que ses réserves en « devises connaissent un tassement ». Les fakes news et les folles rumeurs font feu de tous bois dans les réseaux sociaux pour annoncer une catastrophe économique à venir, s’appuyant sur le bulletin de l’Observatoire de la dépense publique.

Le document de l’ODEP affirme aussi que le nouveau pouvoir orchestre des dépenses parallèles à la loi des Finances 2019. Pour l’ONG, le financement du programme d’urgence de 100 jours du chef de l’Etat en est pour quelque chose. « Les dépenses orchestrées, le sont en dehors de la chaine des dépenses publiques ». L’ONG conclue que ces dépenses « se font sans le moindre contrôle ». Toujours selon le document, plus de 75% des dépenses publiques, se sont fait en ne tenant pas compte des crédits votés par le parlement. Les décaissements se seraient faits en procédure d’urgence. Cette réalité s’ajoute, selon le bulletin de l’ODEP, aux contre-performances des régies financières et aux dépenses pour le fonctionnement des institutions qui elles, seraient parties « en flèche ».

Le rapport de l’Observatoire souligne que pendant qu’il y a eu exagération des décaissements, les régies financières elles, n’ont pas atteint les assignations. Et pour cause, l’évasion fiscale, la corruption et les exonérations illégales infectent plus que jamais le système fiscal congolais.

Les chiffres alarmants

A en croire l’ONG, de janvier à mars 2019, le déficit budgétaire enregistré est de 151,1millions de dollars. L’ODEP pointe notamment les dépenses de fonctionnement de la présidence qui auraient connu un dépassement de 120% sur le premier trimestre. Le document atteste que les institutions politiques ont été cruellement budgétivores : 18 millions de dollars américains pour la présidence, 6.1 millions de dollars pour la primature, 17.1 pour l’Assemblée nationale, 5.2 millions pour le sénat, 167.2 pour les gouvernorats des provinces et les Assemblées provinciales. Ce qui fait un total de 213 millions de dollars pour les institutions rien que pour le premier trimestre.

Les chiffres rassurants

Pour tordre le coup à certaines affirmations et à la polémique qui s’est ensuivie, le porte-parole de la présidence, sur foi des informations de la Banque Centrale du Congo (BCC), a tenu à recadrer les choses. Ayant participé à une réunion avec la Banque Centrale du Congo, Kasongo Mwema Yamba Yamba qualifie toutes les polémiques autour des dépenses présidentielles et autres d’« intoxications ». L’ancien journaliste a précisé dans son tweet que « la BCC publie des chiffres pour étouffer une tentative d’intoxication de l’opinion sur l’explosion du budget national ». Et d’ajouter : «la situation financière est plutôt stable de janvier à avril 2019. Croissance PIB : 5.8%, taux d’inflation : 1.4%. Taux de change stable, réserves bancaires internationales excédentaires ». Des chiffres rassurants de la Banque Centrale mais qui sont loin d’éteindre la polémique.

Patrick Ilunga

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