Société

Métier et artisanat : La risée de plusieurs, la cordonnerie, un gagne-pain pour certains

Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sottes gens, dit-on. Si pour les communs de mortel et même pour plusieurs personnes la cordonnerie est un métier réservé aux gens de basses classes, cela n’est pas le cas pour certaines personnes qui trouvent, par ce métier, un moyen de survie pour leurs familles respectives, ainsi que le témoigne Claude Lifeko, cordonnier de son état, qui a été interrogé lundi 10 juin 2019, par Géopolis hebdo sur son lieu de travail. Pour ce père de famille, habitant la commune de Ngaba, la cordonnerie est bénéfique, dans la mesure où c’est grâce à ce métier qu’il parvient non seulement à nourrir ses enfants mais aussi à subvenir aux frais de scolarité des membres de sa famille.

Claude Lifeko exerce le métier de cordonnier depuis 1990 sur l’avenue de la presse dans la commune de la Gombe. Parlant justement de son travail quotidien, l’homme se dit jusque-là satisfait du rendement qu’il tire de la cordonnerie. « On se retrouve économiquement, parce qu’on vient tous les jours, si on ne se retrouvait pas, on n’allait pas commencer à venir. C’est grâce aux ristournes de ce métier que mes 3 enfants sont aujourd’hui des diplômés d’Etat. Grace à ce boulot, on mange, je paie des frais d’hospitalisation de mes filles quand elles sont malades », a-t-il témoigné.
Malgré le gain récolté, Claude lifeko évoque tout de même quelques difficultés conjoncturelles qu’il rencontre dans son job. « Ce métier n’est plus comme avant, avant il y avait des avantages et ça nous aidait beaucoup, mais maintenant nous ne faisons que forcer. Nous rencontrons beaucoup de difficultés, trop de tracasseries de policiers, ils nous chassent à tout moment, quand ils veulent, et il y’ a des jours on vient, il n’y a pas de clients, on ne travaille pas et on est obligé de cotiser encore de l’argent notamment 200fc ou 500fc pour payer les policiers juste pour nous laisser travailler », se lamente ce père de famille et d’ajouter : « Trop souvent quand les policiers nous chassent, ça nous crée des sérieux problèmes surtout avec nos clients, des incompréhensions, car certains clients laissent leurs chaussures 1 à 2 mois , après quand ils reviennent pour les récupérer, ils ne nous trouvent pas au lieu où ils nous avaient laissé ».

Face à toutes les difficultés rencontrées, les cordonniers en général et Claude Lifeko en particulier lancent un cri de détresse aux autorités gouvernementales afin de leur venir en aide non seulement en mettant fin aux tracasseries des agents de l’ordre mais aussi en leur apportant un appui matériel important pour leur permettre de bien faire leur travail. « En réalité ce n’est pas un boulot à faire manuellement, ça demande des machines, et beaucoup d’intelligence parce que sans cordonnier, vous ne porterez jamais de chaussures », conclu Claude Lifeko.

Malgré des difficultés, la cordonnerie reste un moyen important de survie pour ceux qui l’exercent surtout si cela est fait dévouement et détermination. Le témoignage de Claude lifeko prouve à suffisance que l’homme peut gagner sa vie en étant aussi cordonnier.

Dorcas Mayamona Nioka (Stagiaire/UPN)

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