Politique

Police judiciaire : Martin Fayulu confirme sa présence malgré le report de son audition

L’ancien candidat-Président de la République et principal opposant au régime de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Martin Fayulu Madidi a confirmé son intention de se présenter ce lundi 06 avril 2019 au cabinet de travail du Commissaire général adjoint chargé de la Police Judiciaire à Kinshasa et ce, malgré la décision de ce dernier de reporter son audition. Une situation qui fait craindre des débordements, l’opposant ayant convié, via ses lieutenants, ses partisans à se joindre à lui pour aller “répondre à l’invitation” lui adressée par la Police.

«J’ai reçu l’invitation et j’irai lundi répondre à cette invitation et qu’il me donne mes propos, qu’il mette en face de moi les propos pour voir qu’est-ce que j’ai dit qui s’apparente au génocide, à l’incitation à la haine tribale. Qu’il me le dise », promet Martin Fayulu Madidi chez nos confrères du site d’informations, 7sur7.cd. Ce qui pourrait raviver une tension déjà palpable dans les rues de la capitale congolaise, cette audition ayant pris une tonalité potilique inhabituelle suite aux appels à manifestations lancés des principaux soutiens de l’opposant congolais. Dans une déclaration rendue publique samedi 04 mai dernier au siège de sa formation politique, les militants de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECIDE), sont montés au créneau pour décrier les allégations contre leur leader et annoncent un sit-in incessamment devant le Parquet Général en dépit du report de ce rendez-vous judiciaire.

« Nous allons organiser un sit-in incessamment pour décrier ces fausses allégations contre Martin Fayulu », a déclaré Jean-Marie Ekofo, le responsable fédéral du parti. Selon lui, les plaintes déposées contre Martin Fayulu n’ont pas de fondement.

“ Quant aux allégations portées contre Fayulu Martin, nous observons qu’elles ne reposent sur aucun fondement. Pour preuve, Martin Fayulu est très soucieux de l’unité de toutes les filles et de tous les fils du pays”, fait remarquer ce responsable du parti. La plainte de Jean-Claude Lufuluabo accusant Martin Fayulu d’incitation à la haine ethnique, pillage, atteinte aux droits garantis est aussi balayée par le parti de l’ancien candidat-Président de la République. « Nos frères et sœurs du Kasaï massacrés par la milice Kamwena Nsapu, acte qui restent impunis, ont trouvé refuge dans le Kwilu, province natale de Martin Fayulu qui les a accueillis à bras ouverts jusqu’à nos jours. Ce qui prouve la fausseté de cette allégation », clament-ils.

Quant au présumé crime contre l’humanité et génocide, l’ECIDE/Bandundu dit prendre le peuple congolais à témoin. « Le peuple congolais est témoin et victime depuis deux décennies des violences qui s’abattent à Yumbi, Ituri, Haut-Katanga et ailleurs …, la population attend que les instances judiciaires poursuivent les auteurs qui circulent librement et paisiblement au lieu d’incriminer un innocent comme Fayulu », a martelé J.M Ekofo dans son mémo.

Rappelons par ailleurs que le Commissaire général adjoint chargé de la Police Judiciaire a, dans une correspondance datée du 30 avril dernier, invité le président de l’ECIDE à son cabinet de travail pour, avait-il écrit, des renseignements utiles ».

Intervenant sur les antennes de la Radio France Internationale (RFI), hier dimanche, Martin Fayulu Madidi avait fait savoir que le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo n’avait pas assez de marge de manœuvre vis-à-vis de son prédécesseur, Joseph Kabila dont il est devenu allié.

« Les 100 premiers jours confirment que monsieur Félix Tshisekedi a été nommé par Joseph Kabila. 100 premiers jours sans Premier ministre, Sans Gouvernement. Pendant ce temps là, il recherchait la reconnaissance a l’extérieur du pays », a déclaré Martin Fayulu avant de lui lancer un défi. « S’il avait un pouvoir, il allait nommer un Premier ministre et le Gouvernement. S’il avait le pouvoir, les gouverneurs devaient aller faire allégeance à lui et non à monsieur Kabila. S’il avait le pouvoir, il allait contrôler tout ce qui se passe dans le pays. Il ne contrôle absolument rien.»
Investi à la tête du pays le 25 janvier dernier par la Cour constitutionnelle, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a, depuis, développé des rapports très délicats avec la coalition électorale Lamuka (Réveillez-vous les congolais) et principalement son candidat-Président, Martin Fayulu Madidi qui estime que “sa victoire” lui a été volé.

Sa convocation à la Police judiciaire, du reste ordinaire, est perçue par ses soutiens comme étant une action politiquement motivée pour tenter de faire taire un opposant encombrant. Une lecture jugée erronée par les Tshisekedistes qui trouvent incohérent, le raisonnement.

“Quand il était question de blanchir Moïse Katumbi dans les différentes affaires judiciaires, tout le monde, même les Lamukistes ont venté l’indépendance de la justice mais quand il s’agit auditionner Martin Fayulu, l’on dénonce la même justice”, s’étonne un cadre influent de Cap pour le Changement (Cach) contacté par Géopolis Hebdo.

José-Junior Owawa

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