Politique

Processus électoral en RDC : Tout sur la mission du Conseil de sécurité à Kinshasa !

La délégation du Conseil de sécurité de Nations-Unies a bouclé hier dimanche 7 octobre, son séjour en République Démocratique du Congo. Arrivée depuis le vendredi dernier dans la capitale congolaise, la délégation conduite par l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre, a rencontré toute la classe politique du pays. Ses rencontres avec le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Corneille Nangaa, les leaders de l’opposition notamment Martin Fayulu, Freddy Matungulu, Félix Tshisekedi, Eve Bazaïba, Vital Kamerhe ou encore Adolphe Muzito étaient centrées autour du processus électoral en cours au Congo-Kinshasa.

Au cours des échanges avec la CENI, la délégation a invoqué l’évolution du processus notamment les aspects liés au fichier électoral, la machine à voter et la logistique électorale. Sur ces trois points, la CENI est restée intraitable. La machine à voter qui sera utilisée lors des prochaines élections contestée par l’opposition ne devra pas être retirée. La CENI propose plutôt une rencontre technique entre les différentes parties pour aplanir les divergences.

Concernant le fichier électoral dont 10 millions d’électeurs ont été enrôlés sans empreintes digitales, la CENI fait savoir qu’il s’agit des cas des personnes avec des mains ou doits amputés, des blessures ou autres. L’institution rassure qu’il ne s’agissait nullement pas des personnes fictives comme prétendent le dire les opposants.

Au sujet de la logistique électorale, la CENI se range sur la ligne de conduite du gouvernement et décline tout appui de la Mission des Nations unies pour la stabilité de la RDC (Monusco).

Cette déconvenue a été mal vécue par François Delattre et sa délégation. Le Chef de la délégation du Conseil de sécurité a rencontré la même résistance du côté de l’opposition. Avec la délégation de la franche de l’opposition la plus représentative de la composante, le diplomate français a rencontré les mêmes revendications : pas de machine à voter, ni de fichier électoral.
Fayulu, Matungulu, Kamerhe, Bazaïba, Tshisekedi, Pierre Lumbi et Bazaïba sont restés de marbre. L’assistance de la communauté internationale au processus fait aussi partie des préalables de l’opposition avant de prendre part aux prochains scrutins.

La délégation du Conseil de sécurité de l’ONU a eu aussi un tête-à-tête samedi avec les grandes figures du Front Commun pour le Congo (FCC) à fleuve Congo hôtel. Conduite par Néhémie Mwilanya, Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, la délégation du FCC a réaffirmé la volonté de cette famille politique d’aller aux élections.

« Nous réaffirmons l’envie du FCC d’aller aux élections parce que nous sommes un regroupement politique à caractère électoral, cela signifie que nous avons connu tout un processus de préparation aux élections.

La deuxième chose qui avait été dite au Conseil de sécurité, ce que nous avons suffisamment dialogué dans ce pays, nous avons trouvé le consensus sur les questions essentielles qui pouvaient permettre l’organisation des élections », a déclaré Néhémie Mwilanya.
Au sujet de la machine à voter, le FCC pense que c’est une question technique qui relève de la compétence de la CENI.

« La machine à voter est une question technique. Nous avons la CENI qui est le pouvoir organisateur des élections. Ce pouvoir, il le tire de la constitution, nous devons faire confiance à la CENI.
Donc, nous n’avons pas d’avis à donner vis-à-vis de la machine à voter. Sauf que nous constatons que depuis qu’on parle d’elle, on ne dit pas exactement ce qu’on reproche à cette machine. Nous commençons à comprendre qu’il y a une équipe qui n’a pas envie de jouer », a-t-il dit.

C’est donc, un Conseil de sécurité visiblement débouté qui a rencontré le Chef de l’Etat Joseph Kabila. Avec le président de la République, les diplomates de l’ONU lui ont demandé d’accepter l’appui de la communauté internationale au processus.

Ney York estime que cet appui permettra de renforcer la crédibilité des scrutins. Rien n’a filtré de la rencontre avec le numéro 1 congolais. C’est donc une difficile mission pour la délégation du Conseil de sécurité de l’ONU qui devra faire rapport avant des décisions qui pourront avoir de l’incidence sur le processus électoral.

José-Junior Owawa

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