Société

PROLIFÉRATION DES INSTITUTIONS SUPÉRIEURES ET UNIVERSITÉS : Un véritable casse-tête pour l’Etat

La RDC fourmille des institutions supérieures et universités. Le pays en compte plus de 400. Une réalité à laquelle n’échappe pas Kinshasa. La capitale a aussi un trop-plein des institutions de formation. Un surnombre qui a un impact négatif sur la qualité de formation et les détails nécessaires déjà à l’inscription. Certains instituts supérieurs et universités ne contrôlent plus les dossiers des étudiants qui veulent s’inscrire.

L’université et les institutions supérieures sont de milieux d’excellence où les normes doivent régner. Certains milieux d’enseignement font plus du mal que du bien aux étudiants qui les fréquentent. Pour en savoir un peu plus, les reporters de Géopolis Hebdo ont interrogé le vice-doyen du premier cycle de l’Institut facultaire de science de l’information et de communication (Ifasic).

Selon Henri Kokolo, c’est d’abord l’Etat qui est à la base de la prolifération des institutions supérieures et universités. Le vice-doyen de l’Institut facultaire de science de l’information et de communication estime que s’il y a prolifération des établissements non viables, c’est parce que l’Etat ne construit plus les universités ou les institutions supérieures. A en croire une enquête menée par le magazine Jeune Afrique, la RDC compte plus de 430 établissements publics et privés. Mais la formation dans la plupart de ces institutions laisse à désirer. De l’avis d’Henri Kokolo ces universités, qui n’ont d’université que le nom, sont rien d’autre qu’une « escroquerie intellectuelle ». Chaque année ces établissements déversent sur le marché des intellectuels qui n’ont pas de niveau, mais dont l’Etat congolais reconnait les diplômes. Pas étonnant lorsque, selon notre interlocuteur, « chaque ministre ou politicien veut avoir sa propre université ».
Le vice-doyen déplore cette situation et appelle à la raison les tenanciers des établissements décriés. Notre interlocuteur interpelle en même temps les pouvoirs publics lesquels se doivent de prendre des dispositions pour mettre fin à cette prolifération, qui constituera à l’avenir un véritable casse-tête. Le respect de la loi et le respect de condition viabilité des institutions d’enseignement supérieur et universitaire doivent être la règle, ajoute Kokolo. A en croire certaines personnes, ces institutions ne sont guidées que par l’esprit de mercantilisme. Plusieurs institutions d’enseignement multiplient stratagèmes et publicités pour avoir beaucoup d’étudiants. Résultats, ils ont un nombre qui dépasse leur capacité d’accueil. Parfois ces institutions n’ont même pas d’enseignants propres à eux. Certaines institutions récupèrent n’importe quel enseignant et n’ont cure du choix de ces étudiants. Elles ont pour seule horizon, l’argent, encore et encore.
Devant des institutions publiques qui n’ont que des salaires modiques à proposer aux enseignants, ils sont nombreux ces professeurs qui sont attirés par l’appât du gain et qui s’adonnent de plus en plus aux institutions privées. Et les étudiants de ces établissements bidon au lieu d’être des apprenants, ils se considèrent comme des clients, acceptant de moins en moins leurs résultats lorsqu’ils échouent. Ces étudiants n’hésitent plus à changer d’université et accèdent à la promotion supérieure comme si de rien n’était.
Selon un bon nombre des étudiants, la prolifération des instituts supérieurs et université a connu un grand essor depuis les débuts des années 1990, favorisée par la politique d’ajustement structurel du FMI et de la Banque Mondiale. Devant l’obligation de ces deux institutions aux autorités des pays pauvres de resserrer leur budget sous l’effet du poids de la dette, le reflexe a été faire des coupes budgétaire dans les secteurs tels que la formation des professeurs et instituteurs. Cela s’est répercuté, au fil des années sur la qualité de l’enseignement.
Aujourd’hui, alors que plusieurs autres personnalités sont tentées de chercher l’agrément pour ouvrir des universités, le vice-doyen Kokolo appelle l’Etat à agir pour sauver la jeunesse congolaise.

Lelo Mbenza Heritier, stagiaire de l’Ifasic

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