Economie

Redressement financier de la RDC : Les recommandations du FMI

Le Fonds monétaire international a rendu public les conclusions de la première revue annuelle sur la RDC depuis 2015. Dans ce document, le FMI demande à la RDC de profiter de la transition politique pour mettre en place des réformes de fond pour assainir les finances publiques, lutter contre la pauvreté généralisée et la corruption et de promouvoir une croissance inclusive. Des recommandations qui rencontrent le programme de gouvernement du premier ministre Sylvestre Ilunga.

Dans sa revue annuelle, le FMI note que la RDC aurait besoin de l’appui des bailleurs de fonds internationaux pour renforcer ses capacités. Mais l’organisation internationale encourage avant tout le pays à engager des réformes de fond. Selon une source interne, les discussions sur un éventuel programme d’assistance n’ont pas encore formellement commencé et ce type de programme est toujours assorti de conditionnalités qu’il faudra négocier.

D’ici là, le Fonds monétaire recommande la limitation des exemptions de taxes, la simplification du régime fiscal et surtout à ce que les revenus miniers soient davantage reversés dans les comptes du Trésor public. Il appelle aussi à plus d’orthodoxie budgétaire et à réduire le recours aux procédures d’urgence, à assainir la gestion des finances publiques.
Car la RDC devrait terminer cette année avec une croissance en baisse : 4,3% contre 5,8% en 2018. Le FMI précise que les revenus miniers seront moins importants que l’an dernier. Le FMI s’inquiète aussi de l’accumulation de « dettes intérieures » et de la non-publication d’audits financiers de certaines entreprises publiques. L’institution de Bretton Woods insiste donc sur l’importance de la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance. « Deux éléments essentiels », rappelle l’organisation internationale, pour « renforcer l’efficacité des dépenses publiques et les perspectives de croissance » en RDC. Il faut dire que ces recommandations avaient déjà figuré dans le discours programme de Sylvestre Ilunga Ilunkamba fait à l’Assemblée nationale. Le premier ministre avait estimé que selon sa conviction la plus profonde, la modicité de ressources publiques de la RDC est le fait, entre autres, de « l’inefficacité de notre dispositif de lutte contre la fraude et la corruption résultant d’un système désuet et non informatisé, ainsi que de l’absence d’une culture fiscale ». Le chef de l’exécutif (qui attend encore son investiture) a donc promis que son gouvernement entend mettre sur pied une politique innovante en la matière afin de mettre un terme à cette faiblesse.

Dans son discours, le premier ministre a promis que son gouvernement va s’employer à mettre en place toutes les mesures nécessaires pour ouvrir la participation, dans un bref délai, des institutions et des autres partenaires aux efforts de développement de pays. Sylvestre Ilunga avait nommément cité le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement.

S’agissant de la lutte contre la corruption, « il nous incombe urgemment de surmonter deux obstacles majeurs : d’une part, la difficulté de preuve quant à la matérialité de l’acte même de corruption ou des infractions voisines ; et d’autre part, l’improbité de certains fonctionnaires et autres magistrats qui se nourrissent eux-mêmes du système de corruption dans ce domaine. Dans leur forme actuelle, tant le Code pénal congolais que les législations pénales particulières, sont privés de toute force pour venir à bout du phénomène de la corruption. D’où, votre Gouvernement envisage d’innover en la matière notamment avec les mesures ci-après : Renforcer en amont les mécanismes de vérification, de contrôle et de surveillance dans les secteurs enclins à la corruption avec le concours accru de l’Inspection Générale des Finances et de la Cour des Comptes ; Intercepter en aval les manifestations de la corruption dans les secteurs facilement identifiables et déjà identifiés ; Créer une juridiction spécialisée dans la lutte contre la corruption, la fraude fiscale, le blanchissement des capitaux ainsi que le détournement des deniers publics », a souligné le premier ministre. Reste à savoir si le programme, ainsi présenté, pourra convaincre le FMI a renoué avec la République Démocratique du Congo.

Patrick Ilunga

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